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Blog Kiwaïda

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lundi 2 août 2010

PRIÈRE


Capture sur GoogleMap de
The World  (archipel d'îles artificielles des Émirats arabes unis dont la construction en 2003 a été interrompue à cause de la crise financière de 2007-2009)

Si l'aura n'était plus ce qu'elle nous renvoyait au début de la photographie et du cinéma pour Walter Benjamin (son essai publié en 1935 : "L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique") quand est-il 75 années plus tard, aujourd'hui, en 2010 de ce point de vue ?
Si l'émancipation de cet essai critique et sans nostalgie (art sacré) par rapport aux arts dits traditionnels et l'avènement des oeuvres photographiques et cinématographiques et sans à priori sur la participation des masses (aliénation, marchandisation) fut pourtant long à prendre en modèle théorique (dans l'art) ; quand est-il aujourd'hui de notre rapport à Internet et l'art contemporain ?

Il y peu d'écrit sur l'esthétique lié aux outils d'aujourd'hui, écrits sur l'art, sur comment se fabrique l'art aujourd'hui (avec nos modes de pensée + transdisciplinaires) avec le style de Walter Benjamin : sans nostalgie ni à priori.

Le point de vue adopté dans les écrits sur le média de communication Internet, qui a radicalement changé notre "perception" de l'art et de l'identité, est souvent le même, il pointe les dangers (l'aliénation) et la médiocrité (perte de qualité) mais, me semble-t-il, peu d'observation claire et scintillante du monde virtuel dans notre réel et de notre gestuelle pour y parvenir, de l'usage de nos outils.

Avec les culturals-studies,

-courant de recherche à la croisée de la sociologie, de l'anthropologie culturelle, de la philosophie, de l’ethnologie, de la littérature, de la médiologie, des arts, etc. D'une visée transdisciplinaire, elles se présentent comme une "anti-discipline" à forte dimension critique, notamment en ce qui concerne les relations entre cultures et pouvoir. Transgressant la culture académique, les cultural studies proposent une approche "transversale" des cultures populaires, minoritaires, contestataires, etc. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cultural_Studies)

, le point de vue de Walter Benjamin, aujourd'hui, serait ébranlé à son tour. Dans son essai, quelques auteurs majeurs d'une société, avant les techniques de reproduction étaient rares et avec la conscience des masses et de l'époque de sa reproductibilité technique sont devenus encore plus rares. Avec l'étude des cultures populaires et minoritaires, par leur approche transversale et transdisciplinaire, on peut se poser la question des modes d'élection, dans l'histoire, pour devenir un auteur. La pensée alors, réduite à l'exclusion de minorités, des femmes... avec une visée esclavagiste, ne pouvait alors qu'élire quelques rares auteurs dignes de représenter cette pensée.

Autre réflexion :

Il me semble que la question de l'aura, avec Internet, s'est retrouvé reprendre sa distance perdue dans les techniques de reproduction de l'époque de Walter Benjamin (photo-cinéma) La révélation de l'absence par l'accès à l'émiettement continu des images est bien ce qui nous sépare.

La séparation, cette mise à distance est activée à chaque illusion de la proximité que l'on a des choses. Si l'on y pense : la mosaïque consumériste nous pousse à plus de concentration et à l'isolement. Si l'on n'y pense pas, on reste groupé, massé, amassé sur un canapé (oui mais avec 'boisson à volonté')

Là commence le recueillement retrouvé, le culte de l'absence, d'après sa disparition.

Dans le voeux d'union, ne reste que la prière.

samedi 20 mars 2010

BABY CLEANER


Photo : Sonia Marques


À gauche le Baby Dyson création de son inventeur anglais James Dyson, designer industriel devenu célèbre pour ses ses aspirateurs à séparation cyclonique, sans sac et sans perte d'aspiration.

À droite... un aspirateur sans sac de la marque Bluebell... à oublier définitivement. Peut-être le moins cher du marché (29 euros je crois) le plus bruyant (je n'ai jamais entendu cela !) avec une odeur chimique même les fenêtres ouvertes... inoubliable ! Bref le mal de tête assuré et qui plus est un aspirateur qui n'aspire pas grand chose. Et puis conception formidable, comment vider la poussière du réceptacle en plastique ? Quasiment impossible à moins de le vider à la main, sauf que son espace alambiqué fait qu'on ne peut complètement le vider. Un aspirateur qui au bout d'un mois s'arrête net. Ceux qui inventent ou recopie de telles machines ont oublié de passer eux-même l'aspirateur, tant l'ergonomie d'une personne qui ne passe jamais l'aspirateur est inscrite dans l'appréhension de l'engin !

Revenons à celui de gauche : le plus cher du marché (gamme entre 300 et 600 euros) On peut penser qu'entre les deux, une ascension sociale se produit ! Ou bien que l'usager comprend très vite qu'il faut se simplifier la vie côté ménage. Un bébé robot qui accompagne l'homme ou la femme moderne dans les tracas des Cendrillons allergiques. Ce concentré de technologie est adapté pour ceux et celles qui n'oublient pas que l'intelligence dans les produits ménagers dépend de la fonctionnalité et pour ce cas, de l'air. Et ici l'air que l'on respire n'est pas pollué. Si comme certains, certaines, l'obstruction est une remarque qui déclenche une idée, une résolution, une invention, alors le design devient ingénieux. 

James Dyson n'en était pas à sa première invention dans les années 70, mais ce qui déclenche une invention, n'est pas forcément liée au produit lui-même... Une recherche dans un domaine donné s'enrichit d'observations diverses dans des domaines diverses, non donnés, et s'éprouve dans une curiosité constante à tous les niveaux.

En 1978, James Dyson remarqua que le filtre à air de l'atelier de peinture de la Ballbarrow se trouvait constamment bouché par des particules de poudre (tout comme la poussière bloque les sacs d'aspirateurs). Il décida alors de concevoir et de réaliser une tour à cyclone industrielle, qui séparait les particules de poudre de l'air en exerçant une force centrifuge qui dépassait de 100 000 fois celle de la pesanteur. Ce principe pouvait-il s'appliquer à un aspirateur ? James Dyson se mit au travail et 5 ans et 5127 prototypes plus tard, le premier aspirateur sans sac de Dyson fit son apparition.
(Source sur le site de la firme Dyson)

Ici le design, le style, l'esthétique a épousé sa fonction et libéré les ménages. Est-ce que cela a engagé plus d'hommes à aspirer leur intérieur, ou l'intérieur partagé ? Il parait que les Dysons sont les aspirateurs des geeks, (voir la démo Dyson  de mai 2008 sur Viméo)

Ceux et celles qui inventent doivent passer par des brevets coûteux à renouveler et par des copieurs et concurrents acharnés, car des parts de marché sont en jeux. Dyson témoigne de cette difficulté qui semble être un gouffre financier pour ceux et celles qui débutent dans leur recherche :

Puis en 1999, Hoover tenta de copier Dyson et James Dyson fut forcé de recourir à la justice pour protéger son invention. Au bout de 18 mois, James Dyson remporta une victoire contre Hoover pour contrefaçon de brevet.
(Source sur le site de la firme Dyson)

Il a fallu 14 ans à cet inventeur pour commercialiser son premier produit. À présent il est aussi représenté dans différents Musées du monde entier. Mais on peut se demander comment se fait-il que des idées utiles pour les humains, dans leur quotidien, adaptées à notre société contemporaine, avec sa demande d'éco-responsabilité, comment se fait-il que ces idées ne soient pas mieux accompagnées ? Pourquoi ne les développe-t-on pas avec plus d'engouement ?

J'imagine aussi qu'il y a des dizaines d'années en arrière, designer un produit dont on sait qu'il serait utilisé principalement par des femmes ne devait pas être chose aisée (jusqu'au milieu du XXe siècle, les sociétés occidentales assujettissaient les femmes, tant au point de vue du droit que des usages et coutumes : les traditions accordaient une importance particulière au rôle social de femme au foyer, qui devait se consacrer aux tâches ménagères, à la reproduction et à l'éducation des enfants)
Surtout que le coût très élevé de cet aspirateur, à une époque ou les femmes par exemple en France, devaient demander l'autorisation à leur mari pour avoir un compte en banque (voir plus bas nota bene), devait refroidir les sociétés. Les femmes avaient-elles le pouvoir de bénéficier d'un tel produit ? Les hommes prêtaient-ils suffisamment d'attention au développement de ces idées destinées aux produits ménagers ? Les hommes achetaient-ils facilement un aspirateur haut de gamme, en considérant que cela était aussi nécessaire que de mettre tout l'argent de mois de salaire dans une nouvelle voiture ?

Nota bene :
La loi de 1943 a supprimé la nécessité d'autorisation maritale pour l'ouverture d'un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l'accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. Chacun gère ses biens propres. Les biens communs sont administrés par le mari mais le consentement de l'épouse est nécessaire s'il souhaite en disposer. En 1985, la loi du 23 décembre instaure l'égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et l'administration des biens de la famille.
(Source du Planning familiale)

Dans un livret en PDF canadien qui sélectionne 8 inventions qui ont libéré la femme, on peut aussi noter que la première machine à laver apparaît au milieu du XIXe siècle aux États-Unis par l'inventeur Alva J. Fisher. Même s'il y a encore aujourd'hui quelques bagarres à qui était le premier, qui a déposé le brevet, etc. Ils ne sont pas tous d'accord sur le premier qui marche sur la lune, mais ils ont tous un drapeau pour le signifier.

"La première machine à laver apparaît au milieu du XIXe siècle aux États-Unis. Il s'agit d'une cuve dans laquelle les femmes doivent mettre de l'eau savonneuse avant d'actionner une manivelle pour agiter les vêtements. La besogne est allégée, mais les femmes doivent toujours faire des efforts colossaux pour l'achever. L'Américain Alva J. Fisher le remarque et crée, en 1907, la Thor, un lave-linge électrique. Le moteur de la machine faisait tourner la cuve dans un sens, puis dans l'autre, jusqu'à ce que la saleté soit délogée. La femme devait toutefois surveiller le lave-linge de près puisqu'il arrivait alors fréquemment que l'eau s'infiltre dans le moteur et provoque un court-circuit. Il faut attendre les années 50 pour que les fabricants de laveuses incluent un cycle d'essorage à leurs machines. Ce n'est qu'à cette époque que les femmes, encore en majorité responsables des tâches ménagères, ont réellement vu la corvée du lavage se simplifier."

Bref, c'est un peu pathétique de voir qu'un homme rentre dans l'histoire du féminisme parce qu'il a inventé une grosse machine dont va dépendre la femme pendant des années. Si l'on compare à l'invention de la voiture, avec cette notion de mobilité, d'évasion et de voyage, dédiée aux hommes, c'est incomparable avec ce gros contenant rempli de linges sales dont il faut attendre des heures la fin du programme... le plus souvent disposé à la cave. Il est dit que cela a libéré la lavandière d'autan, qui, en communion avec ses copines dans l'odeur de la lavande et les pieds dans l'eau des rivières faisait de cela son métier. Mais avec la machine à laver électrique, plus personne n'a dit que c'était un métier, que celui de laver le linge sale... C'est devenu une sorte d'esclavage, période industrielle oblige, dont les femmes n'ont jamais obtenu de revenu pour cette tâche.

Dans certaines villes, on peut encore voir le chemin et les petites maisons sur la rive, proche de l'eau, de ces lavandières qui lavaient le linge entier des habitants des maisons cossues d'en face, situées dans une montée et ayant vue sur le peuple (Les artistes, peintres et poètes, ont souvent embelli l'image de ces femmes du peuple, en les présentant dans un cadre romantique et des paysages magnifiés)



Anciennes cartes postales des lavandières de la Vienne au pied du pont St Étienne de Limoges



Côté "sex and the city", les réalisateurs de certains films dédiés à "la ménagère de cinquante ans" se sont servis de cette machine qui tremble entreposée dans des sous-sol improbables pour en faire des sièges impromptus de scènes grivoises et torrides, dont la thématique récurrente est celle de l'adultère (la femme étant toujours dépendante ou de la machine ou de l'amant qui profite d'un moment sous tension, d'un vibreur automatique) Ces scénarios "mainstream" ont donné des idées aux films pornographiques (quoique c'est peut-être l'inverse ;.) Un autre fantasme : son alter-ego étant celui du jeune homme qui se dénude et dépose ses vêtements à la laverie automatique, libre et sexy. Le style étant affilié à son contexte historique, il peut tout à fait changer à présent, même si les publicitaires se montrent les premiers conservateurs de ces images stéréotypées. On le doit certainement encore à l'âge des détenteurs des sociétés de publicités.

L'achat d'une machine à laver dans l'histoire d'un couple est souvent le don de la famille de la jeune femme. Après ne tient qu'à elle d'en faire un usage partagé ou non, de s'occuper de tous les linges qui rentrent dedans ou non. Telles sont les nouvelles règles inventées de vie à deux. Une fois le moment du partage assez éprouvé pour qu'il soit devenu le signe d'un nouvel étranglement, vient le moment ou le jeune garçon retourne chez ses parents faire sa laverie, aidé par sa mère ou belle-mère.... On ne le dit pas souvent mais la dépendance s'est retournée de l'autre côté. Si le jeune homme accepte très longtemps dans sa vie d'adulte cette infantilisation, c'est qu'il préfèrera afficher un ordinateur plutôt qu'une machine à laver chez lui. Mais rien n'est figé dans le marbre, il existe des lavandiers contemporains, des repasseurs et d'habiles couturiers de dernière minute (je ne fais pas partie de ces derniers, il faut bien le reconnaître) Tout est affaire de création et d'invention du quotidien.

  • Je me souviens du livre de François de Singly, "Libres ensemble" (2000), sous-titré "l'individualisme dans la vie commune" qui analysait le sujet. Il a travaillé sur les constructions de l'identité et de la subjectivité notamment dans une situation de vie à deux, et sur les phénomènes d'individualisme dans le couple ou en famille, et sur les processus d'individualisation. Il a ainsi saisit les mutations contemporaines de la famille.

Le design arrive souvent dans des moments de profonde solitude ou l'on doit résoudre un problème, sans posséder les bons outils. C'est dans ces moments que l'invention camouflée sous des airs de bricolage ou d'artisanat se remarque.

Michel de Certeau restitua, voilà dix ans, les ruses anonymes des arts de faire, cet art de vivre la société de consommation. Vite devenues classiques, ses analyses pionnières ont inspiré historiens, philosophes et sociologues (L'Invention du quotidien, 1. Arts de faire et 2. Habiter, cuisiner, éd. établie et présentée par Luce Giard, Gallimard, Paris, 1990)

Résumé 1.Arts de faire :

La Raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer. Mais l'homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation. Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistance par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l'espace et l'usage à sa façon. Tours et traverses, manières de faire des coups, astuces de chasseurs, mobilités, mises en récit et trouvailles de mots, mille pratiques inventives prouvent, à qui sait les voir, que la foule sans qualité n'est pas obéissante et passive, mais pratique l'écart dans l'usage des produits imposés, dans une liberté buissonnière par laquelle chacun tâche de vivre au mieux l'ordre social et la violence des choses.

Pour en revenir au "BABY CLEANER", intitulé de cet article, une petite morale s'impose :

Parfois un ménage de printemps fait office d'étincelle pour rassembler ses idées, créer des liens et écrire ces réflexions instantanément sur un blog. Si passer l'aspirateur peut être un moteur au métier d'écrivain, nombre d'artisans de l'écriture qui fantasment encore sur "les grands écrivains" seraient très déçus de voir des Cendrillons maniaques, ces femmes et hommes de ménage d'aujourd'hui accéder aux métiers de l'écriture... par gain de temps et hobbies technologiques.

mardi 2 juin 2009

WE LOVE SOUND


We love sonique - Side B / Grande Halle de La Villette / mai 2009

SIDE B THE MIND
Dimanche 31 mai 2009 (veille de jour férié)
minuit – 6h
Les Djs :
BAREM, GAISER, RICHIE HAWTIN, MAGDA
du label berlinois : M-nus

Concept We love art, "mental" ou esprit son et lumière d'un show vidéo. Soirée qualifiée de "La sensation du Sonar 2008", "tout est dans la tête", avec l'un des précurseurs de la techno minimale, Richie Hawtin (traces sur Youtube, ici) Le tout dans le programme du festival Villette Sonique


We love sonique - Side B / Grande Halle de La Villette / mai 2009

Incroyable espace qu'offre la grande Halle de La Villette, dont on regrette qu'il ne soit pas plus souvent utilisé pour des soirées électroniques de transes et de danses extatiques comme le fut cette we love party. Dans l'ensemble ces Dj de la minimal techno ont une structure, certes minimaliste, avec un tempo plus lent, les variations rythmiques et séquentielles sont peu fréquentes et les basses s’étirent en contraste avec des percussions très brèves. L'happy end réservé à MAGDA, femme Dj, qui clôture avec des audaces, plus expérimentales que mentales, assez jouissives (traces aléatoires sur Youtube, ici) Elle a varié les séquences (Bio de Magdalena Chojnacka)


We love sonique - Side B / Grande Halle de La Villette / mai 2009

Impossible de trouver le nom du Vj, la personne qui a conçu les visuels. Je pensais que c'était le japonais Ryoji Ikeda, (http://www.ryojiikeda.com), qui me fait toujours penser à John Maeda (chercheur, artiste, graphiste et enseignant)... Mais j'avais des doutes. Après recherches, c'est probablement Ali M. Demirel, qui a déjà conçu plusieurs vidéos pour Plastikman (Richie Hawtin) :

Petite bio d'Ali :

Né en 1972 à Samsun en Turquie. Etudes en ingénierie nucléaire à l’Université d’Hacettepe, et en architecture et médias audiovisuels à l’Université technique du Moyen-Orient à Ankara. Il réalise des vidéos depuis 1993, concentrant son travail sur une mise en image minimale, répétitive, distante et hypnotique. Ses travaux ont été présentés dans de nombreux festivals : European Media Arts Festival, Osnabruck ; Transmediale, Berlin ; The Resonant Wave Festival, Berlin ; Festival du court métrage de Hambourg ; The Wandering Eye Film Festival, New York ; Witness Film Festival, New York ; turbulence.org (with Xurban collective) etc.

Je pense qu'il doit travailler la programmation avec Processing. L'aspect minimal, fractal, algorythmique, de ses noir et blanc bien qualibrés sur le son étaient hypnotiques, car lents, décalés, atmosphériques, car dilatés comme des pétales blanches sur un écran noir élégant. J'ai bien aimé les visuels plus étranges, médicaux, qui provenaient d'un IRM sur cerveaux. Leurs métamorphoses agissaient sur le notre, de façon kinesthésique... Lenteurs et progressions assez appréciables pour passer une nuit de rave, blanche et noire.


Visuel : © Ali M. Demirel

Est-ce le même VJ, est-ce un autre, en tous cas j'aime beaucoup l'espace que prend ces vidéos que l'on peut voir sur la galerie de photos de MutechLab

Impressionant  : Contakt Night Roma - Richie Hawtin + Magda & Troy Pierce + Marc Houle + Hearttrob & Gaiser
Les carrés de pixels font écho aux écrans de téléphones portables en train de capturer la scène...

À quand à la Grande Halle de La Villette, une scène qui nous immerge complètement dans le visuel ? We love sonique laisse présager d'un prochain vol, par le grand nombre de fans jusqu'au bout de la nuit. Toutes les variantes sont alors possibles, son et visuel, des plus sérieuses aux plus imaginatives. Ou vont tous ces clubbers lorsqu'il n'y a plus de telles programmations sur Paris ?



jeudi 26 mars 2009

LE CHAT ET LA SOURIS


Miss Kittin et The hacker
(the phtography are copyrighted by their respective copyright owners)

♥ ♥ ♥ Le chat est une chauve-souris, un vampire naguère obscure dans l'underground grenoblois de la scène dark aux prémices de l'electro-clash. Miss Kittin, (Caroline Hervé, son nom) aux frontières de l'électro et de la new wave, s'est éloignée du gothique, une djette, musicienne, chanteuse, productrice, très pimpante, indépendante, sollicitée, icône. J'ai appris qu'elle avait étudié l’art, à Marseille en 91 puis l’art contemporain à l'école des Beaux-Arts de Grenoble en 93-94, puis elle a terminé ses études en 95 avec un diplôme en design graphique à l'École d'Art et de Design d'Amien (dont je parle dans ce blog) avant de se lancer complètement dans le DJing :
En 95-96, elle a joué dans des raves clandestines puis elle a rencontré DJ Hell à Marseille, qui venait juste de lancer son label "International Dj Gigolo". Elle lui a fait écouter une cassette avec des boucles sur une TR808 chez des amis à Genève. Il lui a demandé si elle en avait d’autres. C'est là qu'elle a contacté à Grenoble The Hacker et qu'ils ont enregistré le morceau Frank Sinatra dans le studio de Kiko au dessus de son magasin de disques (voir plus bas, la souris). C'est ce qui les a propulsés ensemble sur la scène, avec des débuts timides et charmants (cf : Documentaire "X" de The hacker, en DVD)

J'aime ses morceaux froids, stricts, sexy, synthétiques, percussifs, répétitifs et dansant influencés par l'électronica (Dopplereffekt), Aphex Twin, et la techno... Au-delà du classique berlinois, de la tendance techno de glace, extatique et autoritaire, scientifique (les Kraftwerk robots) et lisse, avec une voix parlée, scandée, c'est la fantaisie de Miss Kittin que je trouve singulière au niveau scénique. Même avec ses masques SM et ses tenues lacées sexy, c'est son sautillement pieds nus, ce dynamisme teinté de gentillesse, sa rondeur, tout cela fait de ce chat, une fantaisie plus en avant (lorsque la souris pirate est plus introvertie) Sa voix pop féminine, contraste avec ses associations de compositions plus techno et rend accessible ces musiques parfois radicales. Il y a quelque chose d'artisanal, de fait-main dans la formation de son association avec Michel Amato (The Hacker) qui est rare, expérimental. L'expérience fait place à un parcours remarquable. Chapeau le chat ! Chapeau la souris !

♥ ♥ ♥ La souris est un pirate discret, homme de l'ombre aux compositions tranchées, hachées mais aussi introspectives. Michel amato (The hacker) grenoblois, vient du hardcore, de l'indus, de la new wave, de la techno. Il commence à composer à ses 17 ans (1989), inspiré par Joy Division, The Cure, Depeche Mode, Duran Duran. Puis, côté plus dur, plus sombre, il est influencé par l'un pionniers de la techno de detroit, le prince Jeff Mills, mais aussi par l'EBM, l'italo-disco. Il fonde son propre label (Goodlife) et par ses amitiés avec des passionnés ayant une boutique à Grenoble, il va partager ses recherches. Comme le dit Miss Kittin : "Les Alpes devenaient alors la scène club la plus intéressante de France". Le dvd "X"  revient sur sa carrière, des 10 dernières années dédiée à la techno, avec ses rencontres (Kiko, Oxia) J'apprécie beaucoup ses compositions élégantes et l'album "Rêves Mécaniques" (2004) est mon préféré. Je me sens assez proche de ses structures sonores sans concessions, qui se sont tournées vers la mélodie, en recherchant la simplicité, pas forcément le minimal. Chez The Hacker, l'émotion y est plus dark vers des imaginaires délicieusement malsains.

La pochette de leur nouvelle album "Two" ressemble aux dessins des murs au pochoir de l'artiste Miss Tic. Il est sur le label de Miss Kittin : Nobody's bizziness (fondé en 2003)

Miss Kittin et The Hacker oeuvraient en solo quand ils se sont rencontrés dans un club de Grenoble, ont tourné ensemble, ont écrit un album (THE FIRST ALBUM) puis sont repartis en solo et les revoici réunis, en tournée, avec un nouvelle album (TWO) Aux jeux du chat et de la souris, rien que pour nos oreilles... et nos yeux ! Une musique légère et naïve, tournée vers l’electro-pop des 80’s.

Ils ont répondu à une interview pour une webTV bresilienne, début 2009, mais le son de cette vidéo diffusée sur YouTube ou sur le site de The Hacker, contient une piste audio dont l'utilisation n'a pas été autorisée par WMG. Le son a par conséquent été désactivé. Paradoxe face à des artistes qui donnent le son. Les sous-titrages de l'interview en brésilien relatent donc du couple qui dans la vraie vie en n'est pas un. Ils disent être comme un couple de vieux, depuis 16 ans, sans en être un : "Nos somos provavelmente, a unica dupla que nao esta junta".

Ensemble, ils ont révolutionné la musique électronique, à la fin des années 90, même si la France n'était pas prête (l'est-elle dans les innovations artistique ?) Leur association singulière, influencée par la new wave des années 80 aux accents techno forts de detroit, leur reconnaissance a trouvé un remède nouveau avec des paroles (la voix sexy du chat) crues, sulfureuses, froides et désabusées, sur des compositions sonores dures, minimales.

♥ ♥ ♥ Dans une interview, ou biographie, dans laquelle ses influences et son parcours sont très détaillées, Miss Kittin parle de sa position de femme dans ce milieu de Dj :

"On ne peut rien faire contre la starification des DJs. Même si je suis contre, car nous ne faisons que jouer des disques, les gens ont toujours eu besoin d’icônes. En tant que femme, je suis fière de faire partie de la minorité. Je ne peux pas dire que j’ai été directement victime du machisme mais c’est un fait, nous gagnons généralement moins que les hommes et c’est triste à dire, mais on réussit rarement quand on est grosse et laide. Quand on mixe, les gens regardent d’abord notre look, notre visage, nos fringues, notre maquillage. Si les DJs masculins ont souvent beaucoup de succès auprès des filles lorsqu’ils sont célèbres, ça n’est jamais le cas directement pour nous. Alors que l’attitude groupie est quelque chose de très féminin, cela arrive que les hommes fantasment sur nous mais ils ont généralement trop peur de nous approcher et je dois dire que cela m’arrange bien !!!"

Pour le chat :
http://www.misskittin.com/

http://fr.myspace.com/kittinmusic
http://www.kittinbatbox.com
Son ancien Website
Miss Kittin avec Ellen Alien aux nuits sonores 2007 de Lyon
Au Pulp à Paris (2007)
Interview Miss Kittin Batbox (2008)
Miss Kittin Sonar 2008
Miss Kittin -Portrait Journal libération du 25 mars 2009

Pour la souris :
http://www.thehackermusic.com/
Dicographie

http://www.myspace.com/thehackergoodlife

Trailer of The Hacker new CD/DVD "X" (ten)
The Hacker electronic snowflakes

Pour le chat et la souris :
1982
http://www.misskittinandthehacker.com/
http://www.myspace.com/mkthmusic
Discographie
http://www.misskittinandthehacker.com/_mp3/mkth-1000_dreams-radio_cut_by_kittin.mp3
Hometown
Suspicious minds



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Des expérimentations innovantes en sous-sol


Je me suis dit qu'en France il n'y a pas vraiment de diffusion sur l'expérimentation et le risque. Pourtant cela existe mais c'est refoulé dans le souterrain et c'est ce que je trouve de plus beau, de plus innovant. Cela m'a fait penser aux expérimentations du groupe Téléférique que j'ai co-initié, dès 1999. Son groupe, ses recherches radicales qui rassemblait tant d'autres artistes, par sympathie et goût du partage, et dès le début, sa tournée, ses représentations avec les démos. J'ai relu le mémoire en ligne de Cécile Vendrely il y a peu et c'est très amical. Nous avions alors trouvé des échos à l'étranger de manière plus évidentes. Avec Miss Kittin, nous avons un peu un parcours similaire, je suis née la même année, de la même génération, musicale aussi et ayant fait des études artistiques. Je me suis lancée dans la création des démos de Téléférique avec  beaucoup d'entrain, de risque et de générosité. C'est à ce moment que je me suis mise à composer des albums sonores qui ont été, souvent la bande-son de nos live en public, avec des vidéoprojections de programmes informatiques de pixels générés en aléatoire. Ce qui drainait pas mal de curieux et d'artistes, par nos découvertes musicales et informatiques, rien à voir avec l'art représenté dans des cubes blancs.