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Blog Kiwaïda

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lundi 9 août 2010

LA VIE ENFANTINE DE LA TARENTULE NOIRE


Kathy Acker (New York, 1984 ? Pas trouvé le nom du ou de la photographe...)



La Vie enfantine de la tarentule noire
, par la tarentule noire de Kathy Acker Traduit de l'anglais (États-Unis) par Gérard-Georges Lemaire, Désordres/Laurence Viallet (2006)

Extrait du livre de Kathy Acker, lu à la piscine découverte... le pied !

Je suis née folle dans le Barbican, quatre ans après la défaite de l’invincible Armada. Je décide immédiatement de faire ce que je veux : vivre des aventures de bandit de grand chemin plutôt que de papoter avec une poignée de menteuses, me bagarrer avec un gourdin clouté, détruire chaque fichue pique qu’on tente de me lancer. Je suis la dame ourse, les yeux couverts de cuir, la reine de la chicane des joyaux des taudis. Si j’étais un homme, je rejoindrais les hommes du colonel Downe sur la route ; je naviguerais jusqu’aux territoires espagnols avec du velours noir sur mon œil gauche du velours noir sur mon entrejambe. Les combats de chiens, dans le Bear Garden (1), sont et resteront mon sport préféré. J’apprends à combattre, à m’armer de bâtons, de toutes les manières, à prendre soin de moi-même. Mon père est un tailleur idiot.
Mon père me hait, me dit que je dois être une femme et me faire engager chez un respectable sellier. Tout ce dont il a envie c’est de me violer. Je refuse. Le salopard s’arrange pour me faire enlever par ses amis, me fait jeter dans le donjon d’un navire qui appareille pour la Virginie. Je suis une esclave. Je reste assise pendant une heure parmi les rats, sur le plancher froid ; je vois une lumière filtrer à travers une fissure de la porte, je bande mes muscles, mes liens cèdent ; je jette un coup d’œil à l’en-tour, je m’échappe. Je me précipite directement vers le Bear Garden.
(Je ne me rappelle rien de ma prime enfance. Un docteur marron dit à ma mère qu’elle doit tomber enceinte pour bien se porter deux jours après elle tombe enceinte elle m’a et elle a l’appendicite. Je hais tout le monde ; tout le monde me hait. Je ne sais pas comment parler aux autres ni comment me faire des amis. Je suis plus sauvage et plus étrange que tous ceux que je connais ; mon père légume veut que je sois un gaçon et je ne veux rien être. Ma mère refuse de me dire qui est mon père.
(Je rencontre un cinéaste crève-la-faim c’est la première personne à laquelle je m’identifie je décide que je serai écrivain. Je ne veux pas être comme mes amies riches, alors je mourrai. Mes parents veulent me marier à un richard et se débarrasser de moi une fois que j’aurai épousé ce plouc caractérisé. Je ne peux pas les blairer non plus. Je veux être une motarde sexy et baraquée portant du cuir argenté sur une BMW et ne me laisser emmerder par personne.)
Je fréquente les détrousseurs et les brigands de la ville. L’âge d’or de la soustraction de bourses. Ils inventent les poches. Le gros fonce dans le pigeon, sème la pagaille. Le malandrin extraie l’argent de ses longs doigts agiles, passe le butin à son complice qui s’éclipse avant que quiconque crie de terreur.
Malheureusement ou heureusement, je suis une piètre voleuse. Mes mains sont modelées pour le gourdin clouté et l’épée, pas pour des opérations aussi intelligentes et délicates. Je risquerai ma vie librement comme tout esclave, mais c’est pénible. Je rêve que je suis dans la chambre noire, le donjon ; les rats courent sur mon con, mordillent tout mon corps ; je hurle, je hurle et je hurle.
(Je fais des cauchemars toutes les nuits. Environ une fois par semaine je pénètre dans la bibliothèque balance tous les livres des étagères je me trouve parmi des objets déplacés qui disparaissent je perds conscience pendant deux semaines puis je comprends que j’ai perdu conscience. Je suis reine parce que je baise beaucoup je ne me laisse atteindre par personne. Je fume beaucoup de joints de façon à pouvoir m’endormir. Parfois je suis extatique je dévale en dansant des collines pentues je ne peux m’arrêter de rire.
(Je quitte mes parents, puis mon mari, ma carrière. Je ne suis pas très douée pour gagner de l’argent. J’ai deux problèmes principaux : (1) comment gagner deux cents ou trois cents dollars par mois pour manger, payer le loyer, sans devenir un robot et en gardant mes vêtements sur le dos (2) faire ce que je veux, ce qui est réel, s’approcher de la réalité. Fin de ma vie.)
Je crois en la noblesse : prenant la défense de mes amis, risquant ma vie, quand c’est nécessaire : la dernière trace de ma féminité, une sorte d’instinct maternel, m’aide à résoudre les disputes de la bande. J’agis avec gentillesse et austérité ; pas une fçade, mais moi. J’essaie de me représenter ce qu’est la réalité. Je commence à préparer les vols et je deviens le receleur, pas le commanditaire ; la bande ne me chasse pas. Je dois mieux me protéger. Je rends leurs bijoux perdus aux honnêtes citoyens de la ville. Ils me paient bien et je paie la bande.
(Je songe à baiser avec K. J’ai trop peur pour parler à des gens que je ne connais pas très bien je me fais baiser par D je n’ai pas eu d’amis proches depuis bien trop longtemps. Comment en terminer avec ce problème? Je pourrais descendre jusqu’à ma planque habituelle : je veux être seule. Ce serait mieux pour moi si je pouvais baiser avec quelqu’un/une avec qui je pourrais parler. Je dois cesser de me comporter comme si j’étais timide.)
Je contrôle ma bande de malfaiteurs et les moindres détails de mon art. Je me débarrasse de moi-même en tant que femme. La plus grande bande de pickpockets de Londres. Je décide de sacrifier la liberté d’action de chaque membre pour sa propre sécurité. Je ne peux pas diriger autrement la bande et, par-dessus tout, je suis un excellent homme d’affaires. Si un membre de ma bande se comporte mal, je l’envoie à la potence, je suis roi. Je récompense mes fidèles associés : je n’hésite jamais à sauver un ami de l’énorme ombre noire du nœud coulant du bourreau. Je ne commets jamais de meurtre de mes mains.
Telles sont mes actions : je commande un régiment de porteurs pour surveiller les portes des marchands de tissus ; à la première occasion ils emportent les livres de comptes et les registres des négociants. Pendant quelque temps, les négociants paient le prix fort pour récupérer leurs livres, je désapprouve la violence ; je ne m’intéresse qu’à l’argent. Je porte un pourpoint et un jupon, l’ostentation ne m’intéresse pas ; plus tard, pour mon confort, je porte un grand ciré hollandais. Si quelqu’un se met en travers de mon chemin, je tire mon épée tranchante. Personne ne m’arrête. Je ne fréquente que des repaires d’hommes et je suis célibataire. Je suis constamment ivre, beuglant et rugissant des obscénités ; personne ne peut dompter ma folie infinie, qui résonne dans rues grises et humides de la ville rieuse.
(Je travaille dur je n’arrive toujours pas à coucher avec qui je veux (1) on me refuse (2) je suis trop timide pour parler à qui que ce soit si je travaillais plus dur et devenais célèbre alors tout le monde coucherait avec moi je n’aurais pas à être si timide je suis fatiguée je veux être la Vierge Marie avec une barre de fer placée contre mon foutu con il y a en moi des bites rouges comme celles des chiens, des animaux filent à minuit des lièvres sur des motocyclettes adamantines je commence à hurler.)
Voici mes amis :
Capitaine Hind (1), l’ennemi permanent des régicides, il prétend avoir fait ce que j’ai fait. La célèbre Moll Sack (2 ) qui a fait les poches de Cromwell le légume sur le Mall. Crowder (3,) qui s’habille comme un évêque et vole l’argent des vrais pénitents quand ils lui confessent leurs péchés. Nous sommes loyaux envers les morts. Ralph Briscoe, le gardien de la prison de Newgate, et Gregory le Bourreau sont mes vrais amis ; ils ont déjà coupé leur bite pour moi. Ils remplissent des jurys, font suspendre le jugement de mes hommes quand je lève le petit doigt.
Je satisfais ma sexualité avec les animaux. Je donne à chacun de mes chiens un lit de camp, les protège du froid en les enveloppant dans des draps et des couvertures ; je leur donne une partie de la délicieuse nourriture de la bande. Des perroquets volent dans mes cheveux noirs, criaillent jusqu’à ce que je gratte leur cou rouge et jaune. J’imagine que je vole dans la nuit, en toupillant en hurlant en poussant des cris, je suis le vent ; personne ne peut m’arrêter ou faire quoi que ce soit d’autre que m’aimer.

*

Voici peut-être le plus attachant et le plus explosif des romans de Kathy Acker (1947-1997) que le lecteur avait découverte l'an dernier avec Sang et stupre au lycée. Bien qu'il s'agisse de son tout premier livre, cette autobiographie terriblement fantasmatique, à mi-chemin de L'Attrape-coeurs de Salinger et de La Métamorphose de Kafka, balaie et démultiplie l'identité de l'écrivain avec une fureur inégalée. Tour à tour perturbée et fascinée par ses délires, et ce depuis sa plus tendre enfance, elle se fait courtisane, prostituée, brigande, empoisonneuse. (Extrait de La Matricule des Anges)

*

Et le soir, un perroquet vole dans mes cheveux noirs, criaille jusqu’à ce que je lui bise le ventre bleu. J’imagine que je vole dans la nuit, en toupillant en hurlant en poussant des cris, je suis le vent ; personne ne peut m’arrêter ou faire quoi que ce soit d’autre que m’aimer.

Lorsque j'ai découvert cette auteure, il y a quelques années, il n'y avait rien sur Google, ni Wikipédia. Aujourd'hui, c'est bon, la France a découvert son oeuvre. Avital Ronell, philosophe que j'aime lire aussi lui a rendu hommage bien des fois. Notamment dans la compilation de textes théoriques sur l'art :  Fresh Theory 2 – Octobre 2006 – Editions Léo Scheer, dans son texte intitulé “Kathy Goes To Hell” - (Tombeau pour Kathy Acker)

Extrait par Avital Ronell : Acker a écrit au sujet de la mémoire et à la mémoire du sujet, dans In Memoriam to Identity : « ‘Ils vous enseignent des trucs débiles à l’université ; l’université n’est à souhaiter à personne.’ J’étais en colère, quoique sans savoir pourquoi. » Il y a quelque chose dans l’institution de l’enseignement qui a mis Acker en rogne – quelque chose qui, pour elle, renvoie à un cursus raisonné de la stupidité, à un sentier de la mémoire pris à contre-sens, à la poursuite de techniques de mémorisation et d’épuisement vital. Lieu d’élaboration d’un certain type de restriction cognitive, l’université était pour Acker une cible brouillée par le double projectile du désir et de la répulsion, de la curiosité et du mépris.
(...)
Malgré sa léthargie paralysante et imbécile, l’université représentait une menace pour l’exercice de promiscuité linguistique de Acker, menaçant à chaque instant de révoquer sa licence poétique ; l’université l’enserrait dans une camisole libidinale, amadouait la virulence de ses récits – mais, je nous mélange peut-être là, je suis peut-être en train de parler de moi. Rien ne pouvait calmer Kathy Acker, pas même les puissants tranquillisants institutionnels qu’elle désirait. Elle était à découvert, enseignant comme une sorte de vacataire, privée des avantages qui l’auraient sortie de sa crise médicale. Je ne me résoudrai jamais à l’idée que Acker ait dû endurer l’absence d’assurance maladie. Comme beaucoup d’Américains, elle n’avait pas d’assurance sociale. Chaque personne, chaque institution devrait avoir à répondre de l’avilissement qui lui fut infligé, scellant ainsi son sort. On sait que Kathy refusait toute police d’assurance pour garantir sa liberté de penser et d’écrire, pour se protéger contre les innombrables calamités intellectuelles. Mais c’est une autre histoire...

J'ai été touchée par la description de cette amitié entre ces deux femmes d'esprit. Il y a celle qui inspire et celle qui raisonne et cela résonne dans leur tête. La poésie s'infiltre dans tout ce qui a de plus discipliné, l'université et je suis du même point de vue que Acker, évidemment. Leur interdisciplinarité singulière a su, malgré la disparition d'Acker, traverser le temps. En tous cas, jusqu'aujourd'hui, à la piscine découverte.


lundi 19 juillet 2010

LOVE SERENADE


Image du film Love serenade

Barry White - (Love Serenade)


Take it off
Baby, take it all off
I wanna see you the way you came into the world
I dont wanna feel no clothes
I dont wanna see no panties
And take off that brassiere, my dear
Everybody's gone
I'm taking the receiver off the phone
Because baby you and me...
This night....
We're gonna get it on To Love Serenade....

You know I get in these moods...
Well you know how it is
And I'm very glad to know that you feel the same way too
Baby we're gonna lay here...
And we're gonna make love
And we're gonna do it like its supposed to be done
Heaven only knows what goes on behind closed doors
The very depths of our souls will reach out tonight
You and me baby
In love...serenade

Make me want you
Tempt me, tempt me, tempt me
Make me need you
Let me long for you

You'll know what its like when a Man and Woman become One
And the only real way you can do that baby
Is when we're makin' love to each other
When you reach that
That simple feeling when you're makin love it's..
It's like you're in another world
Help me...
Help me...
Oh baby help me
Lord have mercy on me.

- - - - - -

Ce sont les paroles du chanteur Barry White, chanteur américain de rhythm and blues, de soul et de disco, le maestro de l'amour, sa chanson "Love serenade" est aussi le titre du film australien que j'ai beaucoup aimé, dont la voix de Barry White parcoure le film. Un film qui illustre de façon parodique les paroles... chaudes.

Love Serenade est le premier long métrage du réalisateur australien Shirley Barrett, Lauréat de la Caméra d'Or au Festival de Cannes 1996. Une anti-comédie romantique. L'atmosphère est celle des année 70 par la couleur, des marrons aux orangés, des disques et des canapés de cuir, des chemises détendues comme le style du personnage principal, 45 ou 50 ans, l'expérience relax et cool des déserts vierges. La fantaisie du film passe par les cicatrices du personnage, de son cou, derrière ses oreilles, jusqu'à se révéler sirène ou mélusine au masculin.
Le film se déroule dans un désert outback ville appelé Sunray. Ken Sherry (George Shetsov), l'animateur radio avec une voix incroyable débarque habiter une maison à côté d'une autre, là ou vivent 2 soeurs en quête d'amour... Chacune à leur manière...

Sherry travaille à la station FM locale, comme deejay. Il passe des disque et les émaillent de pensées philosophiques sur l'amour entre autre, ce qui ne manque pas d'attiser les soeurs... Chacune à leur manière... L'acteur George Shetsov, grand personnage, manipulateur, attire dans son filet, ces jeunes femmes comme les paroles de "Love serenade". Séducteur, calculateur, sexy, visqueux car mi-poisson mi-homme, cruel, égoïste, malin et constant. Son sort dépendra pourtant de l'interprétation des soeurs. L'une travaille comme serveuse dans un piteux restaurant, l'autre travaille comme coiffeuse. La plus jeune, d'une vingtaine d'année ne connait pas l'amour et a l'allure d'une adolescente complexée, décalée, maladroite et rêveuse loin des turpitudes de la vie matérialiste dont sa soeur fait les frais, de rose et de bigoudis vêtue, sa robe de mariée dans sa valise, prête à sortir dès qu'un homme se pointe. Le poisson va les enchanter puis elles vont toutes deux déchanter de son mécanisme trop adroit. Quelques images du film illustrent la mécanique sexuelle qui laisse de marbre chacune, les yeux fixant le plafond.

Le film rassemble les bizarres : humours acides, parodies, surréalisme tropical, très inattendus. La maison et son intérieur, la démarche 'so chic' de George Shetsov, en voiture allongée, au restaurant, sa solitude lui va comme un gant de magicien. Écraser ses chewing-gum dans son cendrier n'enlève rien à son charme insolent et nostalgique. Il s'est arrêté en plein désert et fait fortune de ses acquis. La technologie du "compact disc" le doublant, il s'est garé confortablement dans son "home studio" et grâce à Barry White, on envie ce son chaud, cette matière sonore colorée et sensuelle (on envie mais on mp3 aujourd'hui, tout aplatit et on en vit pas...)

En empruntant la phrase de la jeune soeur, il souhaite que l'on apaise sa solitude. Et cet apaisement est une belle ellipse, une sorte d'éducation amoureuse dont seuls les protagonistes ont le secret.
...
Take it off
Baby, take it all off
...

vendredi 24 avril 2009

LA CIGALE : MISS KITTIN AND THE HACKER


Miss Kittin et The Hacker à La Cigale - Paris 22 avril 2009 / Photo : Sonia Marques

Suite à l'article sur le chat et la souris :
http://nissologie.net/bmk/index.php?post/2009/03/26/LE-CHAT-ET-LA-SOURIS

Duo de choc et de lumière en concert live à Paris !
En première partie :

Chloé avec des voix sorties d'un train fantôme dans une salle timide à pas de velours.
Puis en deuxième partie :
Une bombe de binôme dans une salle bondée aux pas de danses martelées par des rythmes hachés et tenus :
- La voix porteuse de Miss Kittin en habit sexy de lumière moulant étincelant, dominatrice d'un public qui fait des rappels du pied sur le sol vrombissant...
- L'homme de l'ombre cravate au clavier stoïque qui se détend avec une cigarette l'air de rien, impassible...


Et tous deux dans un jeux égoïste en tête à tête génial avec leurs légos électro pour une partition acide qui fait décoller toutes les fusées de leur train-train quotidien. Ils ont réchauffé La Cigale frileuse parisienne jusqu'à la transe et les défis... "On se croirait presque pas à Paris, on se croirait en vacances" dit la Miss !

Tout à fait : le 7e ciel !




Autres liens vers des films du concert à la Cigale :
http://www.youtube.com/watch?v=egF4xCARZeo
http://www.youtube.com/watch?v=uNDehNmNz0s&feature=related

Une interview pour la sortie de leur album "TWO":
http://www.dailymotion.com/relevance/search/miss+kittin/video/x8q76r_miss-kittin-the-hacker-two_music

1000 Dreams :
http://www.youtube.com/watch?v=0mJSewIWxZc&feature=related


jeudi 26 mars 2009

LE CHAT ET LA SOURIS


Miss Kittin et The hacker
(the phtography are copyrighted by their respective copyright owners)

♥ ♥ ♥ Le chat est une chauve-souris, un vampire naguère obscure dans l'underground grenoblois de la scène dark aux prémices de l'electro-clash. Miss Kittin, (Caroline Hervé, son nom) aux frontières de l'électro et de la new wave, s'est éloignée du gothique, une djette, musicienne, chanteuse, productrice, très pimpante, indépendante, sollicitée, icône. J'ai appris qu'elle avait étudié l’art, à Marseille en 91 puis l’art contemporain à l'école des Beaux-Arts de Grenoble en 93-94, puis elle a terminé ses études en 95 avec un diplôme en design graphique à l'École d'Art et de Design d'Amien (dont je parle dans ce blog) avant de se lancer complètement dans le DJing :
En 95-96, elle a joué dans des raves clandestines puis elle a rencontré DJ Hell à Marseille, qui venait juste de lancer son label "International Dj Gigolo". Elle lui a fait écouter une cassette avec des boucles sur une TR808 chez des amis à Genève. Il lui a demandé si elle en avait d’autres. C'est là qu'elle a contacté à Grenoble The Hacker et qu'ils ont enregistré le morceau Frank Sinatra dans le studio de Kiko au dessus de son magasin de disques (voir plus bas, la souris). C'est ce qui les a propulsés ensemble sur la scène, avec des débuts timides et charmants (cf : Documentaire "X" de The hacker, en DVD)

J'aime ses morceaux froids, stricts, sexy, synthétiques, percussifs, répétitifs et dansant influencés par l'électronica (Dopplereffekt), Aphex Twin, et la techno... Au-delà du classique berlinois, de la tendance techno de glace, extatique et autoritaire, scientifique (les Kraftwerk robots) et lisse, avec une voix parlée, scandée, c'est la fantaisie de Miss Kittin que je trouve singulière au niveau scénique. Même avec ses masques SM et ses tenues lacées sexy, c'est son sautillement pieds nus, ce dynamisme teinté de gentillesse, sa rondeur, tout cela fait de ce chat, une fantaisie plus en avant (lorsque la souris pirate est plus introvertie) Sa voix pop féminine, contraste avec ses associations de compositions plus techno et rend accessible ces musiques parfois radicales. Il y a quelque chose d'artisanal, de fait-main dans la formation de son association avec Michel Amato (The Hacker) qui est rare, expérimental. L'expérience fait place à un parcours remarquable. Chapeau le chat ! Chapeau la souris !

♥ ♥ ♥ La souris est un pirate discret, homme de l'ombre aux compositions tranchées, hachées mais aussi introspectives. Michel amato (The hacker) grenoblois, vient du hardcore, de l'indus, de la new wave, de la techno. Il commence à composer à ses 17 ans (1989), inspiré par Joy Division, The Cure, Depeche Mode, Duran Duran. Puis, côté plus dur, plus sombre, il est influencé par l'un pionniers de la techno de detroit, le prince Jeff Mills, mais aussi par l'EBM, l'italo-disco. Il fonde son propre label (Goodlife) et par ses amitiés avec des passionnés ayant une boutique à Grenoble, il va partager ses recherches. Comme le dit Miss Kittin : "Les Alpes devenaient alors la scène club la plus intéressante de France". Le dvd "X"  revient sur sa carrière, des 10 dernières années dédiée à la techno, avec ses rencontres (Kiko, Oxia) J'apprécie beaucoup ses compositions élégantes et l'album "Rêves Mécaniques" (2004) est mon préféré. Je me sens assez proche de ses structures sonores sans concessions, qui se sont tournées vers la mélodie, en recherchant la simplicité, pas forcément le minimal. Chez The Hacker, l'émotion y est plus dark vers des imaginaires délicieusement malsains.

La pochette de leur nouvelle album "Two" ressemble aux dessins des murs au pochoir de l'artiste Miss Tic. Il est sur le label de Miss Kittin : Nobody's bizziness (fondé en 2003)

Miss Kittin et The Hacker oeuvraient en solo quand ils se sont rencontrés dans un club de Grenoble, ont tourné ensemble, ont écrit un album (THE FIRST ALBUM) puis sont repartis en solo et les revoici réunis, en tournée, avec un nouvelle album (TWO) Aux jeux du chat et de la souris, rien que pour nos oreilles... et nos yeux ! Une musique légère et naïve, tournée vers l’electro-pop des 80’s.

Ils ont répondu à une interview pour une webTV bresilienne, début 2009, mais le son de cette vidéo diffusée sur YouTube ou sur le site de The Hacker, contient une piste audio dont l'utilisation n'a pas été autorisée par WMG. Le son a par conséquent été désactivé. Paradoxe face à des artistes qui donnent le son. Les sous-titrages de l'interview en brésilien relatent donc du couple qui dans la vraie vie en n'est pas un. Ils disent être comme un couple de vieux, depuis 16 ans, sans en être un : "Nos somos provavelmente, a unica dupla que nao esta junta".

Ensemble, ils ont révolutionné la musique électronique, à la fin des années 90, même si la France n'était pas prête (l'est-elle dans les innovations artistique ?) Leur association singulière, influencée par la new wave des années 80 aux accents techno forts de detroit, leur reconnaissance a trouvé un remède nouveau avec des paroles (la voix sexy du chat) crues, sulfureuses, froides et désabusées, sur des compositions sonores dures, minimales.

♥ ♥ ♥ Dans une interview, ou biographie, dans laquelle ses influences et son parcours sont très détaillées, Miss Kittin parle de sa position de femme dans ce milieu de Dj :

"On ne peut rien faire contre la starification des DJs. Même si je suis contre, car nous ne faisons que jouer des disques, les gens ont toujours eu besoin d’icônes. En tant que femme, je suis fière de faire partie de la minorité. Je ne peux pas dire que j’ai été directement victime du machisme mais c’est un fait, nous gagnons généralement moins que les hommes et c’est triste à dire, mais on réussit rarement quand on est grosse et laide. Quand on mixe, les gens regardent d’abord notre look, notre visage, nos fringues, notre maquillage. Si les DJs masculins ont souvent beaucoup de succès auprès des filles lorsqu’ils sont célèbres, ça n’est jamais le cas directement pour nous. Alors que l’attitude groupie est quelque chose de très féminin, cela arrive que les hommes fantasment sur nous mais ils ont généralement trop peur de nous approcher et je dois dire que cela m’arrange bien !!!"

Pour le chat :
http://www.misskittin.com/

http://fr.myspace.com/kittinmusic
http://www.kittinbatbox.com
Son ancien Website
Miss Kittin avec Ellen Alien aux nuits sonores 2007 de Lyon
Au Pulp à Paris (2007)
Interview Miss Kittin Batbox (2008)
Miss Kittin Sonar 2008
Miss Kittin -Portrait Journal libération du 25 mars 2009

Pour la souris :
http://www.thehackermusic.com/
Dicographie

http://www.myspace.com/thehackergoodlife

Trailer of The Hacker new CD/DVD "X" (ten)
The Hacker electronic snowflakes

Pour le chat et la souris :
1982
http://www.misskittinandthehacker.com/
http://www.myspace.com/mkthmusic
Discographie
http://www.misskittinandthehacker.com/_mp3/mkth-1000_dreams-radio_cut_by_kittin.mp3
Hometown
Suspicious minds



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Des expérimentations innovantes en sous-sol


Je me suis dit qu'en France il n'y a pas vraiment de diffusion sur l'expérimentation et le risque. Pourtant cela existe mais c'est refoulé dans le souterrain et c'est ce que je trouve de plus beau, de plus innovant. Cela m'a fait penser aux expérimentations du groupe Téléférique que j'ai co-initié, dès 1999. Son groupe, ses recherches radicales qui rassemblait tant d'autres artistes, par sympathie et goût du partage, et dès le début, sa tournée, ses représentations avec les démos. J'ai relu le mémoire en ligne de Cécile Vendrely il y a peu et c'est très amical. Nous avions alors trouvé des échos à l'étranger de manière plus évidentes. Avec Miss Kittin, nous avons un peu un parcours similaire, je suis née la même année, de la même génération, musicale aussi et ayant fait des études artistiques. Je me suis lancée dans la création des démos de Téléférique avec  beaucoup d'entrain, de risque et de générosité. C'est à ce moment que je me suis mise à composer des albums sonores qui ont été, souvent la bande-son de nos live en public, avec des vidéoprojections de programmes informatiques de pixels générés en aléatoire. Ce qui drainait pas mal de curieux et d'artistes, par nos découvertes musicales et informatiques, rien à voir avec l'art représenté dans des cubes blancs.




samedi 14 février 2009

HEART OF GLASS / BLONDIE



Once I had a love and it was a gas
Soon turned out had a heart of glass
Seemed like the real thing, only to find
Mucho mistrust, love's gone behind
Once I had a love and it was divine
Soon found out I was losing my mind
It seemed like the real thing but I was so blind
Mucho mistrust, love's gone behind

In between
What I find is pleasing and I'm feeling fine
Love is so confusing there's no peace of mind
If I fear I'm losing you it's just no good
You teasing like you do

Once I had a love and it was a gas
Soon turned out had a heart of glass
Seemed like the real thing, only to find
Mucho mistrust, love's gone behind

Once I had a love and it was divine
Soon found out I was losing my mind
It seemed like the real thing but I was so blind
Mucho mistrust, love's gone behind

Lost inside
Adorable illusion and I cannot hide
I'm the one you're using, please don't push me aside
We could've made it cruising, yeah

Yeah, riding high on love's true bluish light

Once I had a love and it was a gas
Soon turned out to be a pain in the ass
Seemed like the real thing only to find
Mucho mistrust, love's gone behind