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Blog Kiwaïda

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mardi 7 avril 2009

GUMMO

Images du film Gummo d'Harmony Korine

Tous les crédits du film ici

Je recherchais des traces du film Gummo d'Harmony Korine, que j'avais vu à sa sortie en France en 1999. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver un site Internet extrêmement bien documenté sur le réalisateur et ses productions et ses articles de presse... jusque dans les détails, de son mariage, avec la photo de sa femme.. Mais en cherchant les crédits pour les photos du film, sur le site, je m'aperçois que c'est un site non-officiel fait par un fan d'Harmony Korine !

Harmony-Korine.com is an unofficial fansite that first came online on December 10, 2003. Since the beginning the site has been designed and maintained by one person - a man residing in Australia. Over the years users of the website, particularly in the forum, have contributed a good deal of the content online today, for which we are thankful.

Vrai, pas vrai, quand on voit l'ancien design du site, on se dit : vrai. Quand on voit le nouveau design, on se dit : chapeau limpide... Mais le dessin du ET vert, j'aimerai bien savoir qui en est l'auteur...

Capture du non-officiel site Internet d'un fan d'Harmony Korine :
http://www.harmony-korine.com

Bref, Gummo :

Harmony Korine ­ J'ai grandi là où j'ai filmé Gummo : en plein Tennessee. Mes parents étaient communistes. C'est très inhabituel aux Etats-Unis, et particulièrement dans le Sud. Ils étaient un peu dingues, balançaient des petites bombes dans les maisons vides et les incendiaient... Chaque matin, mon père me tabassait avec une chaussure pour me réveiller. Heureusement, non loin de notre maison se trouvait un cinéma, une salle proche d'un campus, avec une programmation adéquate. Pour un dollar, on pouvait voir trois films différents chaque jour. Ce qui est extraordinaire, c'est que, comme personne n'y allait, je me retrouvais tout seul dans la salle ! C'est là que j'ai découvert Bresson, Dreyer, Ozu, c'est là que je me suis rassasié de cinéma.

Même si ce passionné de cinéma ne souhaite pas qualifier ses personnages de freaks, en préférant la référence à Diane Arbus, la célèbre photographe américaine, on peut quand même dire que ses caractères sont sortis d'un cirque contemporain, de la fin des années 90, juste avant le troisième millénaire : visions apocalyptiques, une vraie tornade. Si Diane Arbus est fascinée par les personnages hors-normes, (travestis, des handicapés mentaux, des jumeaux, des personnes de petite taille, etc.) elle a dressé un portrait choc de l'Amérique des années soixante. Harmony Korine n'en explore pas moins les bas fonds des caves de vêtements empilés, d'isolats obscurs qui trouvent face au miroir de quoi muscler leur corps. Le côté amateur du film est amplifié par les moyens techniques rudimentaires du réalisateur, accompagné par ses amis (Chloé Sévigny, son amie de l'époque qui a fait les costumes) avec des acteurs débutants ou très peu expérimentés. Le titre du film semble faire référence à Gummo Marx, le moins connu des Marx Brothers qui quitta la scène avant la célébrité du groupe.

Le film débute par des scènes incroyables des traces d'une tornade qui frappa les habitants de Xenia dans l'Ohio (dans la réalité, cet évènement se produisit en 1974, Harmony Korine est né en 1973) Il y a des animaux piqués sur des pylônes et ces fameux compères, deux adolescents, livrés à eux-même, Solomon et Tummler, diablotins sur fond de musique black métal qui passent leur temps à tuer des chats pour les vendre. Une tranche de vie chaotique à suivre selon des marginaux déjantés. Un autre garçon, avec de grandes oreilles de lapin roses, Bunny Boy, onirise le film, avec un baiser innocent... De multiples scènes, dont celle des décors incroyables d'intérieur et de vies amoncelées, oubliées qui restent gravées dans nos mémoires comme un air de déjà-vu populaire, folklorique, grunge peut-être, entre chic et misérable. Sur ses 23 ans, le génial réalisateur, qui tourne dans sa région natale à Nashville (Tennessee), manie la caméra familiale avec subtilités en mélangeant les genres (documentaire, photographie et fiction) et en utilisant les erreurs. Le film a été interdit aux Etats-Unis, pour sa violence morale et psychologique, pourtant il est marqué par la tendresse et le respect de Korine pour ses personnages, dont on se demande comment en sont-ils arrivés jusque là.

Le film est dédicacé à Paul Sevigny, "a beautiful sailor", sans doute le frère de Chloé, DJ new-yorkais.

"Harmony Korine n’est pas seulement cinéaste et scénariste, il a aussi réalisé depuis quinze ans une collection de fanzines, dont une partie avec le célèbre skateur Mark Gonzales. Juxtaposition de mots et d’images, de listes, monologues, blagues, dessins, poèmes, pensées, interviews fausses ou réelles… Drag City a reproduit cette collection en deux éditions; la première relie l’intégralité des fanzines, la seconde est une édition limitée de luxe qui reproduit à l’identique les fanzines originaux. Ces deux éditions sont disponibles en exclusivité à la Librairie du Jour agnès b.", //WOW MAGAZINE//

Et aussi, on peut trouver ses publications sur Nieves Books, la superbe maison d'édition indépendante basée à Zurich, spécialisée dans les livres d'art en édition limitée et la diffusion de fanzines
Harmony Korine fait aussi des apparitions à la galerie du jour Agnès b

jeudi 19 mars 2009

STOP !



(Phone-capture : Sonia Marques)

Grey Man & Oran J. 

Dans le cadre du festival Ici et Demain, Bétonsalon a accueilli un concert de Grey Man & Oran J le mardi 17 mars à 18h00

Musique, Chant et Paroles : Poulizac Thibault
Chant et Paroles : Jablonski Orane

"Un ordinateur, deux voix, une guitare célébrant un funk du futur violent et mélodique venant toujours des profondeurs du groove. Waters Fall Exhibition est la première sortie de Grey Man et Oran J pour une présentation de l'album Waters Fall. Pendant 1h, dissonances et saturations éprouvent le cœur fragile de chansons variées. Waters Fall Exhibition c'est comme jouer à l'ordinateur dans son bain ; une expérience voluptueuse mais risquée."

♠ Vraiment tonifiant ce "live" ! Première fois que je vois cet espace d'art, Bétonsalon, présenté une recherche pluridisciplinaire qui se passe de mots et d'argumentaires et qui plus est : la porte ouverte. Bon son et belle scénographie stroboscopique des deux interprètes. L'espace de 300m2 logé au rez-de-chaussée de la Halle aux Farines des Grands Moulins de Paris, pourrait être plus souvent alloué à des initiatives pluridisciplinaires de ce genre, pour des concerts plutôt que des accrochages ennuyeux. Situé en bord de Seine, le bâtiment ouvre sur l’esplanade de l’Université Paris 7 - Denis Diderot : les étudiants étaient en grève autours d'un autre concert en plein air, barbecue et banderoles et c'était bien en écho avec les paroles et le son de Grey Man et Oran J ! Des grèves et des initiatives créatrices à l'écart de tous les médias, mais visible dans la rue.

● À deux pas de la Bibliothèque François Mitterrand, là ou la chorégraphe Karine Saporta a installé en ce moment son magnifique dansoir, chapiteau rond. J'aime beaucoup ses créations. Une nuit blanche à Paris en 2006, j'avais été surprise, comme tant d'autres, quasiment au même endroit par sa création, sur le parvis de la BNF, par sa première de ses « Trans nuit », spectacle de danse et de musique interactives. Il y avait des voitures, des hommes en costumes et des femmes nues, tous danseurs, une mariée, un frigo sur les marche, du lait, du lait, du lait et des enregistrements sonores en interaction avec la chorégraphie. Nous étions, comme les tous jeunes du quartier, aspiré par le spectacle, assis sur les trottoirs. Aucune image, par respect pour ces danses offertes au regard, l'espace d'un croisement de rue, de rêve. C'était la meilleure performance de l'année !

♥ Si le dansoir de Karine Saporta n'a rien à voir avec le concert détonant et trash des étudiants, il ma rappelé, que j'avais découvert de la même façon, par hasard, sans effet d'annonce, la performance très audacieuse et forte de sa première Trans nuit. Des manifestations artistiques de rue dont on ne parle pas souvent et pourtant changent la vie, inspirent, rendent plus fort, plus sensibles.