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Blog Kiwaïda

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lundi 31 mai 2010

HEURE BLEUE


Photo : Sonia Marques

Vivre avec des plumeaux cela donne des ailes ou parfois cela rend clown. À quelques mois, celui-ci commence à chuchoter des secrets, la famille des ailés s'agrandit. De quoi reprendre ma lecture du poète Soufi Iranien Farid Al-Din Attar de son conte persan "La conférence des oiseaux"

La perruche
Vint ensuite la perruche... tenant du sucre au bec, vêtue de vert comme la pistache... et ornée d’un collier d’or. Au prix de son éclat, l’épervier n’est qu’un moucheron, et partout la verdure est le reflet de ses plumes. Le sucre distille de ses paroles, car elle croque du sucre dès le matin. Ecoute quel est son langage : « Des gens vils et des coeurs d’acier m’ont enfermée, toute charmante que je suis, dans une cage de fer. Retenue dans cette prison, je désire avec ardeur la source de l’eau de l’immortalité gardée par Khizr. Comme lui, je suis vêtue de vert, car je suis le Khizr des oiseaux. Je voudrais m’abreuver à la source de cette eau, mais je n’ai pas la force de m’élever jusqu’à l’aile du Simorg ; la source de Khizr me suffit. » La huppe lui répond : " Ô toi qui n’as aucune idée du bonheur ! sache que celui qui ne sait pas renoncer à sa vie n’est pas homme. La vie t’a été donnée pour que tu puisses posséder un seul instant une digne amie. Recherche sincèrement l’eau de la vie ; mets-toi donc en marche, car tu n’as pas l’amande... tu n’en as que l’écorce. Veux-tu sacrifier ta vie pour les belles vérités ? imite les hommes dignes de ce nom, en entrant franchement dans la voie. »
(Source :http://www.simorg.net/)

*

Le mythe d’un oiseau ressemblant au phénix, symbole de l'âme renaissant de ses cendres, se réincarnant à partir de la matière renouvelée, se retrouve dans de nombreuses mythologies de par le monde, et spécialement dans cette légende persane, quasi alchimique... Sur le Demâvend ( Elbourz, Perse, 6200m ) se tenait le grand Phénix Simurgh dont un œil regardait le passé et un autre l’avenir... Une autre tradition, moins localisée, place le fameux Simurgh (Simorg ou Simorgh), le roi des oiseaux, au sommet de la montagne cosmique Qaf. Farid-ed-dîn Attâr rapporte qu’un groupe nombreux d’oiseaux, cherchant leur roi, partirent en voyage, et traversèrent de nombreux obstacles au cours desquels la plupart laissèrent la vie. Arrivés peu nombreux en haut de la montagne, ils comprirent que le Roi recherché s’était identifié à chacun d’entre eux, en était leur synthèse accomplie.
(Source :http://www.simorg.net/)


Dans le texte que j'ai écrit pour la pièce de Cendrillon, je fais allusion à l'oiseau phénix qui renait de ses cendres : la transformation, la consumation, la relation entre le passé et l'avenir.

Sinon, l'heure bleue que j'ai re-découverte si bien exprimée (par le silence) dans le film d'Eric Rohmer (1987), des "4 aventures de Reinette et Mirabelle" autrement que dans une photographie de carte postale, correspond à l'oiseau dont j'accompagne les pas, en attendant que son duvet se transforme en turquoise. L'heure bleue, période de temps entre le jour et la nuit où le ciel se remplit presque entièrement d'un bleu pâle plus foncé que le bleu ciel du jour (on dit aussi « entre chien et loup » ou encore « la brunante ») Elle est causée par la diffusion Rayleigh (cf. Wikipédia)
Ce moment bien connu des noctambules ou des workaholics, des fous d'amour ou des poètes fous est un moment magique. En été, cette heure est réputée la meilleure pour sentir les parfums des fleurs (cf. Wikipédia) Une couleur prisée par les photographes ou bien par les insomniaques...
Entre chien et loup se trouve l'oiseau bleu...

vendredi 14 mai 2010

LA SOURCE DE L'INVASION


"La Source de l’Invasion" 2008, Invader, MTB-01 Montauban, rue du Tescou, mosaïque, 256 x 172 cm (photographie : Sonia Marques)

Après mon exposition Cendrillon, je descends dans le sud afin de chercher mon oiseau bleu. Il pleut, il fait froid et c'est à Montauban que je fais escale, un jeudi 13 mai tout est férié, rien d'ouvert, sauf : Le Musée d'Ingres ! Je regarde un catalogue d'une exposition passée de 2009, "Ingres et les modernes" dans lequel je vois une oeuvre de Space Invaders, nommée "La source de l'invasion", inspirée de la Source d'Ingres : une jeune femme nue tenant une cruche, d'où s'échappent quelques invaders, qui s'apprêtent à conquérir le monde. Je demande à la caissière ou se trouve la rue du Tescou afin de voir l'oeuvre de mosaïque, elle me l'indique. Je file la voir, incroyable ! Je la prends en photo, après ma vierge noire, cela tombait plutôt bien. Et puis, je n'avais pas encore vu une pièce street art de Space Invaders aussi grande, car j'ai l'habitude de suivre les petits Space Invaders (nom inspiré du nom du jeu vidéo développé par la société japonaise Taito, sorti en 1978 sur borne d'arcade) de mosaïques dans les villes de quelques pixels de mosaïque.


"La Source de l’Invasion" 2008, Invader, MTB-01 Montauban, rue du Tescou, mosaïque, 256 x 172 cm (photographie : Sonia Marques)

En effet, Space Invaders, est un street artiste français, connu pour sa pose, depuis les années 1990, de petites mosaïques sur les murs de nombreuses villes autour du globe. La pose de ces petits personnages, effectuée de manière illégale constitue ce qu'il appelle l'« invasion ».

Sa démarche, expliqué sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia est résumée ainsi :

Depuis 1998, Invader sème ses mosaïques dans les villes du monde entier, incognito, car l’artiste français ne souhaite pas se faire démasquer... Londres, Los Angeles, Tokyo, New York, Bangkok mais d’abord Paris, la ville où il a le plus sévi. Les mosaïques de cet artiste représentent des personnages d’un célèbre jeu vidéo de la fin des années 1970, Space Invaders. Du fait de la technologie élémentaire de l’époque, ils sont très pixellisés et donc reproductibles en mosaïque. Un pixel est assigné à un carré. De plus, c’est un matériau difficilement altérable, qui résiste très bien aux ravages du temps. Ces Space Invaders sont cimentés sur les murs de la ville dans toutes sortes d'endroits. Tous sont indexés, photographiés et situés, sur des cartes par leur auteur. Certaines d’entre elles, les plus achevées, ont été produites en plusieurs milliers d’exemplaires à l’aide de sponsors locaux, et distribuées gratuitement dans les villes touchées. Aujourd’hui certaines sont disponibles, à la vente cette fois, sur le site officiel. La démarche de l’artiste est multiple : la contamination de l’espace visuel et public, la rencontre entre le pixel et la mosaïque, et la transposition d'un jeu vidéo dans la réalité[réf. nécessaire]. L’artiste déclare ne pas être issu du mouvement graffiti car il l'a découvert seulement après avoir commencé sa démarche. Invader considère sa démarche comme proche du hacker, en ce sens qu’il propage illégalement un virus au cœur du système via un gigantesque réseau de space invaders.


"La Source de l’Invasion" 2008, Invader, MTB-01 Montauban, rue du Tescou, mosaïque, 256 x 172 cm (photographie : Sonia Marques)


Lorsque que j'ai commencé à enseigné en école supérieure d'art en France, en 2001, il s'est passé plein de chose dans le monde. Un mois après la destruction des Twin Towers américaines, je démarrais mes cours en multimédia, face à des étudiants qui n'avaient même pas, à cette époque, une seule connexion Internet pour toute l'école, située à la bibliothèque ! Donc, non seulement la plupart ne se servait pas de ce média, d'autre part, je me souviens que les professeurs n'utilisaient pas le mail pour communiquer ! J'étais en plein collectif Téléférique, avec nos Démos à travers la France et notre idée du téléchargement, restait un mot complètement inconnu (à la création du collectif en 1999) de l'art, de ses institutions, des artistes de 'l'art dit 'contemporain'," un mot inconnu à la télévision (la loi Hadopi n'était pas là) Aujourd'hui, le concept de Démos dans l'art que nous avons développé avec sympathie, générosité et couleurs (côté 'low tech' avec une éthique et une critique des nouvelles technologies), est complètement récupéré par les universités qui développent des labos de recherches sur cette notion, avec des conférences 'pro tech' qui me laissent de marbre. Mais il y a un bonheur de créer et de partager qui reste présent dans notre démarche, que l'on ne retrouve pas dans toutes ces récupérations individualistes.
Donc je commençais mes cours sur la surveillance planétaire avec "Échelon", avec comme support le livre de Ducan Campbell (Interception Capabilities 2000 - trad. française : Surveillance électronique planétaire, éditions Allia, 2001, rééd. 2005, rapport rédigé par le STOA pour le Parlement européen) et des notions sur le marketing virale, un autre support paru en 2002, le livre de textes réunis et traduis en français par Annick Bureaud et Nathalie Magnan - Connexions, art réseaux media - (2002 - Ensba) ; et puis, dans ma besace, j'avais des "map" des Space Invaders. Et la démarche de l'artiste mosaïste, a marqué quelques esprits déjà attirés par l'art de la rue. Plus tard je faisais des lectures sur la littérature "cyberpunk" avec Bruce Sterling ou Kathy Acker, des auteurs dont j'appréciais le travail, l'imaginaire. Avec ces cours sur le "Net art", les arts numériques, femme artiste et professeur...
Hum, hum, un exotisme rare, jamais trop relayé, mais "in situ" qui a fait évoluer considérablement la question sur ces médias. Résultat, tout le monde était connecté, quelques années plus tard. Mes étudiants étaient devenus, à plus de la moitié, des étudiantes. Ils avaient tous un portable, savaient créer des sites Internet et développer des démarches originales, et mes collègues communiquaient un peu plus par mail. L'école s'était armée de plein d'ordinateurs à montrer aux délégués des arts plastiques qui inspectaient celles-ci, comme preuves qu'il y avait bien du multimédia à l'école (oui car curieusement on ne montrait pas les enseignements, les projets des étudiants, leur tuteurs, tutrices, mais, les machines, qui tombaient 3 ans plus tard en désuétude) Du côté de l'institution c'est autre chose. Malgré la richesse de ces cours et leurs renommées au-delà des frontières françaises :
- un petit tour du côté de chez Marc Watthieu à l'ERG (École de Recherche Graphique) de Bruxelles en Belgique, en visite chez Imal, (interactive Media Art Laboratory) avec Yves Bernard
- un petit tour du côté du Portugal à Lisbonne avec la FBA (Faculté des Beaux-Arts) et ses théoriciennes des nouveaux médias ("Mestrado in Communication Design and New Media" avec Luísa Ribas, "Som e Imagem", Maria Teresa Cruz "Crítica dos Novos Media")
Malgré ces riches échanges dont les écoles ont profité, je n'ai jamais été titularisée dans les fonctions que j'occupais ! Plusieurs fois invitée en membre du jury des diplômes, en exposition au Centre Pompidou sur les 7 artistes professeurs français qui enseignent les arts numériques en France... J'ai toujours été maintenue dans un contrat supra-précaire, un plafond de verre honteux à exprimer devant des étudiants, qui faisait que je payais pour pouvoir enseigner (mon salaire partait dans les transports et hébergements)
Souvent, un professeur qui n'était pas spécialisé dans ce domaine du multimédia et qui postulait dans cette discipline (ou qui n'avait aucune expérience de l'enseignement) prenait ma place. Des hommes souvent étaient nommés par le jury supra-caduque du CNFPT. Trois concours, trois échecs (des constitutions de jury qui n'avait rien à faire de la parité, pas d'artiste, ni de professeur), et on me riait au nez car on me disait que la création multimédia n'avait rien à faire dans les écoles des beaux-arts. Par ces actes, mes amis étaient témoins des dégâts collatéraux que cela engendraient (l'enseignement tirait par le bas) Bref, sacrée période de 10 ans ! On appelle cela : l'expérience ;.) Je suis bien heureuse d'enseigner dans une École Nationale Supérieure d'Art, c'est tout de même un peu plus sérieux au niveau des statuts et de la reconnaissance des activités de recherches artistiques (même si mon jury n'était encore pas au fait de la parité, en 2010. Il est intéressant de noter, qu'aujourd'hui, les étudiants font de suite la remarque lorsque ceux qui constituent et invitent les membres et président du jury de leur diplômes de fin d'année n'ont pas encore compris la parité. Il y a une dizaine d'années, devant ce fait 'automatique', on n'osait rien dire, on subissait) Mais les habitus sont encore là, hélas (hommes, femmes, garçons, filles, jeunes, vieux, tous avec des habitus et très peu de remise en question) J'ai étudié au Canada, à Vancouver entre 1996 et 1997, et jamais, nous n'avions à constater ces problèmes de genre et d'autorité dominante dans les professeurs, les jurys, les invitations d'artistes. Les étudiants bénéficiaient de représentations "mixtes" et les études artistiques étaient basées sur des femmes artistes et des hommes, sur l'histoire aussi des First Nations, mais là, ici, tout reste à faire question représentation et mixité, ou mé-tissages, de techniques et de culture. Cendrillon tente d'ouvrir la question, sans apporter de réponse.
*
Ce qui m'intéresse le plus, du côté de l'enseignement, c'est la recherche pédagogique et ce sont les échanges avec le corps enseignant, artistes, théoriciens, techniciens, artisans, ce sont ces échanges humains, avec chaque étudiant, qui à mon sens, font "école", forment et nous apprend.

Bref, un nouvel oiseau est rentré dans ma vie, et le ciel est bleu.
Une source d'invasion ou d'inspiration ?


Église St Jacques de Montauban (Photo : Sonia Marques)

Une dernière image de Montauban, l'église St Jacques, construite au XIIIème siècle. Au dessus du portail néoroman du XIX° se trouve la mosaïque représentant "la vision d'Ezéchiel" de la même époque. Il semblerait, d'après mes recherches, que cette faïence émaillée, soit de Raymond Balze, copie d'après Raphaël, (Acquisition 1877 Localisation Tarn-et-Garonne ; Montauban Edifice église Saint-Jacques)

Extrait à décrypter :


La palette du peintre d'émail est extrêmement riche. Les oxydes métalliques se prêtent à un nombre infini de combinaisons avec le verre à base de plomb. Les émaux opaques contiennent de l'oxyde d'étain. Le vert, l'azur, le turquoise, le pourpre, le gris de perle, le bleu d'horizon, l'orangé, lecitrin, l'aiguë marine s'obtiennent ou francs, ou en tons rompus formant une gamme chromatique. Le rouge clair est appelé, dans les anciens traités, «le chef et le pa- rangon. » Il fut découvert, selon Benvenuto Cellini, par un orfèvre qui cultivait l'alchimie, et qui le trouva au fond de son creuset, en cherchant à faire de l'or. Mais malheureusement tous ces verres ne sont point également fusibles. Il faut donc que l'artiste connaisse à merveille les degrés successifs de température qu'ils peuvent subir sans se fondre de nouveau et s'empâter les uns dans les autres. Il place les très-durs les premiers, les durs en second et procède ainsi jusqu'.à la fin. Une plaque d'émail peut passer au feu jusqu'à vingt fois. One de chances d'accident, ne fût-ce que pour la plaque qui sert de sub- jectile et qui, ainsi que cela est arrivé sous nos yeux, ne se tordit qu'à une dix-huitième cuisson! Les émaux de petit feu s'appellent « émaux de porcelaine. » Ce sont ceux qu'emploient généralement les bijoutiers. Le dix-hui- tième siècle a décoré ainsi des parures complètes, la montre, l'agrafe, la clef, les breloques et le flacon.
http://www.archive.org/stream/chefsdoeuvredesa00burt/chefsdoeuvredesa00burt_djvu.txt



jeudi 1 octobre 2009

I N C O G N I T O

Capture du site Internet de dessins Incognitos (Sonia Marques)

Voici ma dernière création de diffusion, le tout nouveau site Internet de mes dessins principalement à l'encre de Chine noire et au même format, un 50X50 cm sur papier. Sur mon site Internet Nissologie, il y avait déjà une partie destinée à ces dessins, mais à présent la navigation ici est entièrement dédiée à ces créations. Ils sont numérisés et adaptés à l'écran comme s'ils étaient dessinés sur la page blanche. L'ensemble est plus minimal et plus clair. Le site Nissologie est une édition graphique volontairement saturée de couleur et très noire comme un bateau de pirate sur l'océan, une université unique. J'ai changé la page d'accueil afin de visualiser quelques uns des sites Internet réalisés. Je dois remercier ceux et celles qui m'ont donné cette envie de libérer les oiseaux de bonne augure à travers le monde, en accompagnant ce geste ;.)

"La sensualité de l’encre de Chine en fait une matière liquide qui brille et fixe les états fluides. J’ai l’impression pour certains dessins, qu’ils restent mouillés. Si le noir dessine des cheveux, des poils, ils apparaissent comme sortis de l’eau, de la mer, du bain de minuit si le lac est noir. Il devient ainsi chaud et enveloppant, par sa masse comme un épais manteau. J’utilise des pinceaux de différentes tailles, le plus souvent choisis pour leur finesse, car l’esprit passe par ces poils minutieusement attachés qui imbibent l’encre et la retiennent un peu, jusqu’à lâcher son poison plus ou moins suave, inattendu, espéré, guérisseur ou vengeur. Le contraste de cette matière visqueuse noire miroir avec le blanc mat du papier en fait des formes tranchantes, nettes et définitives. J’aime cet aspect franc et sans retour possible dont le recommencement permet un éternel renouvellement des formes, avec des recompositions trouvées aussi par la constante contrainte d’un format carré. J’ai aussi cette impression de faire un art martial (pour en avoir pratiqué) en dessinant les Incognitos. Ils tentent de trouver la voix la plus juste en représentant des forces contraires, des états de tension qui se calment par la réalisation manifeste, imposante d’une trace. Le dessin devient alors une évidence."

(Extrait du texte des Incognitos, débuté en 2007)

lundi 8 juin 2009

COCOTRISTE (ALBUM)


Voici l'abum Cocotriste, sorti sur le label Ubiktune. J'ai beaucoup apprécié travailler avec l'autrichien Rico Zerone. Depuis mon article sur son dernier album ici, puis la première impulsion d'un agencement commun ici, nous avons élaboré ce projet ensemble, en lui donnant le nom du poème le plus triste, parmi un éventail enjoué d'envols. Je dois remercier RZ pour ses compositions mélodieuses et décomplexées. Elles s'ajustent sur ma voix qui s'éloigne, tandis que le sens de mes poésies se placent avec plus d'évidence. Il a tenu à sélectionner un de mes dessins et c'est me rendre un grand service tout en me faisant la surprise du concept global et de l'enchaînement des musopoésies. J'avais initié quelques agencements sur ses compositions déjà diffusées, puis il en a inventé de nouvelles. Le dessin qu'il a choisi est l'un des rares en bleu parmi les noirs. Il ressemble fort à un carreau de céramique portugais : un azulejo. En tout cas cet oiseau bleu est porteur de messages...

Nous avons investis l'espace-temps d'une cours de récréation, à mi-chemin entre différents pays, (vive Internet !) Dans cette isolation buissonnière, le sens de certains de mes poèmes ont trouvé une voix et de nouveaux horizons. Entre "l'amour ça pique" et "je décolle ravie", il y a le "fleuve qui forme les larmes" de cocotriste, les dessins de vies parcourues sur un papier millimétré, "millimètre par millimètre..."

Travail direct et stimulant à flux tendu et pourtant détendu... des hérétiques dans des lieux écartés. RZ m'a fait découvrir le net-label Ubiktune (mis à jour par C-jeff) Il diffuse et publie des musiques liées avec la chiptune (musiques fait avec des puces, chip,  d'ordinateur) Chaque album est disponible en téléchargement gratuit en version MP3, afin de favoriser le partage, tout en mettant un point d'honneur au respect des auteurs et à la non-commercialisation des projets. Ce net-label est hébergé sur le serveur Untergrund.net, qui accueille un grand panel de sites de la scène démo...

Ubiktune décrit l'album Cocotriste par rapport à la cosmic music, qui est un mélange de pop-synthé, d'électronique, de percussions chaudes sud-américaines et de la minimale froide venue d'Europe... Ce Space Disco, mental et onirique, a été initié par le DJ italien Daniele Baldelli au Cosmic club, fin des années 70. J'avais d'ailleurs pu apprécier un live lors du festival parisien Villette Sonique en 2007. J'avais bien aimé le Black Devil Disco Club à cette occasion, très relaxant dans l'espace des objets volants non identifiés, des châteaux hantés. J'apprécie cette musique hypnotique, lorsqu'elle est sensuelle et abstraite. Je n'y avais pas pensé à priori pour la création de cet album mais plutôt à un versus samba/bossa nova pour le graphisme de la pochette, que Rico à concrétisé dans ses percussions rythmiques. Pourtant le titre "Abstraction", une histoire d'avion tel un jeu d'enfant, avec tous les rêves emmenés dans l'engin et "I feel love" sont bien sur la piste cosmique. J'avais composé un son extrêmement ralentit pour placer ma voix sur les paroles de Donna Summer, du célèbre morceau qui révolutionna le disco ("I feel love"), puis il est devenu, après composition de RZ, complètement léger et sautillant (c'est la puce, la chip ;.) et assez incroyable par rapport à l'original... Simplement jouissif !

J'aime aussi l'idée qu'un message est aussi bien un dessin, un poème, une fleur, un graphisme, une mélodie, un son, une couleur, quelque chose d'entrainant qui raconte une histoire ou bien qui place des mots, une voix dans un espace... infini.

Spéciale dédicace à l'oiseau bleu.

Pour télécharger la pochette à imprimer chez soi en bonne définition, les poèmes, les sons en mp3 : http://www.nissologie.net/snd_cocotriste.html

jeudi 26 février 2009

LA VALLÉE DE L'AMOUR


Photo
© Sonia Marques (Paris -2007) "Perroquet Ara Macao Rouge"

L’amant véritable doit être en effet pareil au feu ;
il faut qu’il ait le visage enflammé ;
qu’il soit brûlant et impétueux comme le feu.

Pour aimer, il ne faut pas avoir d’arrière-pensée ;
il faut être disposé à jeter volontiers dans le feu cent mondes ;
il ne faut connaître ni la foi ni l’infidélité, n’avoir ni doute ni certitude.
Dans ce chemin il n’y a pas de différence entre le bien et le mal ;
avec l’amour, ni le bien ni le mal n’existent plus.

La vallée de l'amour, (extrait de "la conférence des oiseaux" de Farid Al-Din Attar - 1142-1220 - Poète Persan


Photo © Sonia Marques (Charenton -2008) "Azulejo, Inséparable de Fisher Bleu Cobalt"

Lorsque la huppe entreprenante arriva après sa nomination, on mit la couronne sur sa tête.

Cent mille oiseaux accoururent dans le chemin ; ils étaient en si grand nombre qu’ils cachaient la lune et le poisson.

Lorsqu’ils aperçurent, du chemin, l’entrée de la première vallée, ils s’envolèrent de frayeur jusqu’à la lune. La terreur de ce chemin s’empara de leur âme, un feu ardent s’empara de leur coeur. Ils soulevèrent tous à l’envi leurs plumes, leurs ailes, leurs pattes, leur tête. Tous, dans leur intention pure, renoncèrent à la vie ; en effet, leur tâche était lourde et le chemin long.

C’était un chemin où l’on ne pouvait avancer et où, chose étonnante ! il n’y avait ni bien ni mal.
Le silence et la tranquillité y régnaient ; il n’y avait ni augmentation, ni diminution.

Mise en route, (extrait de "la conférence des oiseaux" de Farid Al-Din Attar - 1142-1220 - Poète Persan 

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