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Blog Kiwaïda

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mercredi 11 août 2010

OURSON PELICAN

(Photographe ?)

dimanche 14 février 2010

TIGRESSE 虎


Capture sur site sur mes dessins Incognitos

C'est le Nouvel An Chinois 农历新年 (nónglì xinnián) Au Vietnam on l'appelle aussi Fête du printemps  Selon le zodiac chinois, c'est l'année du Tigre 虎 (hǔ) : énergique, aventureux, indépendant, inventif, généreux, sans repos et impulsif. Waou ! Quelle année voici ! Un jour célébré  aujourd'hui avec la St Valentin, fête des amoureux dans nos pays occidentaux.

Si le rouge et l'or sont souvent des couleurs inaugurant cette nouvelle année chinoise, j'ai repensé à mon tigre bleu de la série des dessins  Incognitos.
Tout d'abord, je suis fascinée par la liberté des dessins, côté orient, côté asiatique. Ils m'inspirent et me donnent un souffle nouveau dont je me trouve en accord. La qualité des traits, l'originalité des sujets, tout cela me semble si simple. Même sur des supports de qualité moindre, sur des objets vendus à bas prix, le dessin lui est vraiment de qualité. Je pense aux porcelaines, dont les dessins sont de grâce. Et puis, le dessin, lorsque j'y fais allusion est aussi celui qui sert à fabriquer des cerfs volants, des déguisements de dragons, des signes, des motifs, le papier cadeau, l'enveloppe, l'origami, tous ces dessins sont toujours audacieux du côté oriental, de mon point de vue.

Le dessin, est pour moi, à dessein de, de l'ordre du projet, et il y a quelque chose en rapport avec le design. Une connaissance du support, mais aussi de la culture 'empreintée', celle qui révèle un nouveau dessin, original parce que lui-même "savant". Il sait ou il a été puiser, il connait ses sources et il les partage. Il sait qu'il est copie, recopié, offert au regard et qu'il enrichi ainsi l'oeil, la mémoire, le désir de faire et refaire, si ce n'est défaire pour mieux comprendre... Lisible, généreux même si énigmatique, le dessin est un signe, une marque, une frontière.

Curieusement, très tôt, j'ai eu accès à cette mythologie de formes par les azulejos, qui sont eux issus de l'azulejaria portugaise, des carreaux de céramiques, le plus souvent bleu (azul). Et comme beaucoup de ces céramiques retracent l'histoire des colonies, des voyages, il y a donc des métissages dans leurs figurations et abstractions. J'y ai été sensible en visitant Lisbonne et en filmant beaucoup de maisons, et en photographiant l'extérieur, en visitant Pombal, non loin des maisons de mes grands-parents. Par cet art, mon regard a cultivé de savants mélanges de pays étrangers.
Le tigre bleu présenté pour illustrer cet article, était parti d'un motif géométrique dont je lui ai donné une possibilité de répétition (par le "all over" ou le "wallpaper" du fond sur la page HTML du site) puis il s'est individualisé, porté par un tigre, lui-même d'inspiration tibétaine.

Le dessin est pour moi un accès à l'ouverture des cultures et à la compréhension des métissages. Je voyage par le dessin. J'ai, en revanche eu une formation en dessin dans les écoles parisiennes élitistes, souvent fermée. J'ai donc préféré me consacrer aux nouveaux médias, dans le cadre de ces formations, nouvelles, innovantes et ouvertes (années 90) tout en gardant ce que je considérais de libre dans le dessin, par ma culture des "entre-deux". Et j'y vois un rapprochement évident, entre Internet et cette culture ouverte, du dessin. Recopier, recadrer, déconstruire, reconstruire, le paysage infographique nous donne des possibilités rêvées. Sans informatique, nous le pouvions également, puisque je dessine "à la main" la plupart du temps. Mais nous n'avions pas accès à cette pluralité de dessins du monde, de signes, que nous avons avec Internet. Et pour mon travail, cela a considérablement décomplexé les sujets et les contextes. Dans un versant intellectuel, je n'ai plus besoin, de justifier mon activité artistique en fonction de ma nationalité française, c'est la liberté que j'ai prise très tôt, même si dans un versant administratif, on nous demande, de nos jours, de justifier l'héritage de notre nationalité française. Ma création artistique se trouve être mieux comprise par ceux et celles qui ont une culture ouverte, plus étendue. Je l'ai toujours pensé, même avant mon utilisation d'Internet dans les années 90, mais à présent c'est une évidence, à écrire.
Mes modèles sont bien ceux du présents, amis, avatars, masques, mais aussi proviennent d'Internet, de mes recherches assidues. Et donc, elles ravivent volontiers des archéologies, des formes traditionnelles. L'artisanat, dans le sens ou faire c'est penser, je le trouve sédimenter dans mon parcours une confiance dans ce que je fais. Cette confiance ne m'a jamais été donnée par le système de l'art. Le savoir faire, graphique par exemple, a été moteur dans ma formation, bien avant celle de l'étude des beaux-arts. Dans les années 80, il y avait une forme d'artisanat qui était enseignée dans les arts graphiques, car l'ordinateur n'était pas encore "pour tout le monde". J'ai gardé cette forme, cette pratique du dessin, même si je connais tant de logiciels informatiques, j'ai la maîtrise de ma pensée lorsque je fais, je réalise, je me ré-approprie les outils, les formats mis en place.
Dans le texte écrit pour les Incognitos, je parle de l'exécution d'un logotype par exemple à l'encre de Chine, sur carte à gratter. L'étude des signes et de leur sens, la pratique du dessin pour la publicité (assisté ou non par l'ordinateur, pour le multiple), le rôle de la matrice et de la reproduction par un tiers, ont été des enseignements riches, qui me font penser le dessin de façon plus libre et moins figée dans le sceau de l'oeuvre originale de l'artiste romantique (quoique la peinture d'un Hobo Clown revisite fraîchement cette image)

Je continue de me documenter dans les bibliothèques, mais aussi dans la grande consommation... Il n'y a rien d'impossible. Et cela, c'est un bonheur de l'enseigner.

Bonne année tigresse !
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 


lundi 8 février 2010

HOBO CLOWN


© Capture du film d'Alisson Schulnik : Hobo clown

Magnifiques peintures et pâtes animées d'Allison Schulnik, réalisatrice aussi du clip Ready, able, issue du dernier album de Grizzly Bear. Son site Internet donne accès à l'ensemble de son oeuvre et en bonne définition, volonté de cette artiste multidisciplinaire californienne (née en 1978) de communiquer son travail et c'est réussi. Dans ses films, la figure du clown triste pictural et pittoresque s'anime comme l'archétype d'une palette de peintre dans son atelier taché de couleurs. Lorsque s'ajoute la musique, l'univers fantastique d'Allison Schulnik devient tendre alors que ses peintures cruelles et parfois sauvages, expressionnistes, pourraient nous rappeler une histoire de l'art de la figure, mais ce serait sans compter sa formation en film expérimental à l'école de Calarts à Valencia, en Californie. La défiguration devient alors, dans ses films, l'animation même de la peinture, avec ses empâtements superposés, jusqu'à modeler un nouveau volume. Le clown pleure ou dégouline ? Se forme-t-il ou se déforme-t-il ? Ses yeux nous parlent et se fondent dans le décor, ils ont surement trop regardé, trop mangé de peinture. Ces excès de beauté, de fleurs glaces vanille-fraise forment le tapis dans lequel il se mire. Tantôt le clown boude, tantôt il minaude un Munch, un cri de ses yeux exorbités et engorgés de peinture. Seul dans sa pièce sombre tentant de nous attraper par ses attachants signes tristes de fleurs pathétiques. Et l'on s'identifie assez facilement, nous sommes ce clown qui se cherche, nous sommes ce mélange aujourd'hui décomplexé des nouvelles techniques et de celles traditionnelles, naguère bien séparées, sectaires. Nous nous rassemblons et cette peinture nous ressemble, un peu dérisoire, désuète et si audacieuse et impertinente. Elle nous montre son derrière avec gentillesse.

Oui aujourd'hui les peintres font des clips vidéos, des animations qui deviennent populaires, connues d'un public qui chante et ne crie pas Munch. Des artistes qui côtoient le graffiti et l'art de la rue (le street art) comme les Musées et la mode. Ils embrassent alors une culture plus vaste et la partagent au moment même ou leur projet se réalise.

Je ne peux que penser à Max et les Maximonstres, album illustré de Maurice Sendak de 1963, dont l'adaptation cinématographique fut dernièrement réalisée par Spike Jonze. En effet, dans le film, les monstres, sortes de géants de carnaval, sont tristes et dépressifs. Ce sont des personnages singuliers qui ont une histoire très singulière. La pesanteur de ces monstres et de leur histoire est sans doute un hommage au poids du passé et à la difficulté aussi de le supporter. Dans le film, un enfant va rafraîchir ces insulaires tributaires de leurs éternelles querelles et redonner de nouveaux projets à ces dinosaures désolés. Ne nous sommes-nous pas trouvés, dans cette situation si commune, d'arriver dans un cercle d'anciens ronronnant dans leurs habitudes et entraînant leur petit monde dans une dépression sourde ? Il suffit alors à l'artiste, au nouveau regard posé sur ce passé pour en révéler l'intensité, la dimension oubliée. Un mélange de candeur retrouvée dans les abîmes de la peinture. À suivre...

lundi 11 janvier 2010

2010


Carte de voeux de Kiwaïda

2010 ! Nous y voilà grand chat !

samedi 7 mars 2009

JE VOUDRAIS ÊTRE UNE BICHE


La noiraude (1977)  Scénarios : Jean-Louis Fournier, dessin : Gilles Gay

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