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Blog Kiwaïda

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dimanche 15 août 2010

SAKINEH


Photographie tirée d'une mobilisation à Londres contre la lapidation

Il n'y a pas de mot pour les actes de barbarie sous couvert de justice. Ici "la mort par lapidation" est une sentence qui existe et est toujours d'actualité en Iran. Cela a fait le tour du monde (Canada, Suède, Angleterre, France...) Sakineh Mohammadi Ashtian, 43 ans,  a été accusée d'avoir eu deux relations amoureuses hors mariage et avait déjà été punie par 99 coups de fouet administrés en présence de l’un de ses deux enfants. Cet adultère, considéré comme un crime en Iran, elle l’a avoué, sous la torture, publie le journal Libération. Les associations des droits de l'homme sont mobilisés, l'opinion Internationale est touchée, Wikipédia restitue l'historique de cette affaire à son nom depuis 2006. Une militante des droits de la personne citée par le Guardian dit être informée de 12 cas de femmes qui font face à la lapidation. Depuis le début de l'année, plus de 100 personnes ont été tuées par lapidation en Iran. Embarrassé par la désapprobation internationale, le pays a rarement pratiqué des lapidations publiques ces dernières années.

Mais qu'est-ce que cet acte crapuleux de lapider ? Une méthode d'exécution de torture. Radio Canada, dans son article de juillet dernier nous donne des détails :

 En vertu de la charia appliquée en Iran, un individu condamné à la lapidation doit être enterré jusqu'au cou dans le cas d'une femme et jusqu'à la taille dans le cas d'un homme. Ceux qui assistent à l'exécution sont appelés à jeter eux-mêmes des pierres. Si le condamné réussit à s'extirper du trou, la sentence est commuée.

L'injustice de cette affaire est d'autant plus révoltante que le verdict a été rendu en vertu d'une disposition de la loi iranienne qui permet aux juges, en l'absence de preuves concluantes, de déterminer de manière subjective, et parfois arbitraire, si un accusé est coupable ou innocent.

Le 1 aout 2010, le président du Brésil, Lula,  a offert l'asile à Mme Ashtiani. Le 3 aout 2010, l'offre était rejetée par Téhéran : le New York Times indique qu'un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a précisé que le président Lula ne disposait pas de toutes les informations sur cette affaire. Il y a quelques jours, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton mentionne Mme Ashtiani dans une déclaration où elle exhorte l'Iran à respecter les libertés fondamentales de ses citoyens.
L'évolution des droits des femmes en Iran, dans l'histoire est plein de bouleversements et de retournement de situation (Lire ici) Mais c'est souvent un signal d'alerte pour le monde : celui qui nous dit que les droits de l'homme et de la femme reculent, régressent.

La famille se fait juge aussi des histoires d'amour et censeur et la société complice voyeuse : En 2007, Du’a Khalil Aswad, une jeune fille de 17 ans membre d'une tribu de Yézidi, non musulmane, fut lapidée à mort au Kurdistan irakien à la demande de son oncle car celle-ci était tombée amoureuse d'un musulman. Ce lynchage qui en l'occurrence ne se réfère pas du droit musulman, a été fait en présence de policiers du gouvernement régional du Kurdistan autonome. Toute la scène a été filmée à l'aide de téléphones portables et diffusée sur Internet (Source : Wikipedia)

Pétition contre la lapidation : http://www.stopthestoning.com/Petition/index.php?dil=French

1 MILLION DE SIGNATURES CONTRE LA LAPIDATION

A l’aube du 21ème siècle les massacres  et les exactions perpétrés à l’encontre des femmes se perpétuent,  ouvertement où dans l’ombre. Nous savons que le sort des femmes et le respect de leurs droits donne la mesure du niveau de démocratie d’une société. Malheureusement   aujourd'hui les femmes sont  victimes d’un bout à l’autre de la planète de persécutions et de meurtres.

Elles sont poursuivies, jugées, condamnées au nom de la religion, au nom des traditions, au nom de de lois rétrogrades. La sentence la plus  abominable est la lapidation. Des femmes  accusées d'adultère sont condamnées à mort par jet de pierres. Cette atrocité  est encore légale et pratiquée dans de nombreux  pays tels que  l'Iran, l'Afghanistan, l'Afrique, le Pakistan et l'Arabie Saoudite, bien que ces Etats se réclament et soient signataires de conventions internationales.

Au nom de la défense des droits humains fondamentaux  au nom des droits des femmes à la liberté, à la sécurité, à la dignité, à l’intégrité, nous disons NON à l’oppression des femmes, NON au contrôle de leur corps et de leur vie, et à sa manifestation extrême, la lapidation.

Nous demandons l’interdiction immédiate de cette pratique inhumaine et  exigeons qu’elle soit  reconnue comme crime contre l'Humanité.

Nous en appelons aux Nations Unies et aux Institutions internationales, d’une part pour faire pression sur les Etats qui légitiment la lapidation. afin qu’ils la criminalisent, d’autre part pour  engager  des campagnes de sensibilisation sur cette question.




mardi 1 juin 2010

LOUISE BOURGEOIS


Louise Bourgeois (je n'ai pas trouvé ni le nom du photographe, ni l'année !)

Il y a un peu près 1 an, j'écrivais sur ce blog un article sur l'OTTE de Louise Bourgeois. Il y a peu, j'ai eu l'occasion de voir le documentaire (de 2008) sur cette artiste quasi centenaire "l'araignée, la maîtresse, la mandarine", réalisé par Amei Wallach et Marion Cajori, que j'ai beaucoup apprécié. Aujourd'hui, un étudiant de l'école d'art ou j'enseigne m'apprend le décès de Louise Bourgeois : 98 ans. Que dire si ce n'est la reconnaissance tardive (à 70 ans) de son oeuvre et l'ignorance totale de l'Europe sur le parcours de cette artiste française, qui est partie s'installer à New York. Je visitais son exposition au Centre Pompidou il y a peu avec tant de visiteurs, et je me disais que son nom n'était pas encore sorti de la bouche d'autres artistes, parfois professeurs dans les écoles d'art et que les étudiants à présent, par son décès, se demandent non pas qui elle est, que fait-elle, mais qui était-elle et que faisait-elle.


Oeuvre de Louise Bourgeois © : Precious Liquids, 1992 (réservoir d’eau en bois de cèdre, cerclé de métal, verre albâtre, tissus, broderies, eau, boules en caoutchouc et bois de cèdre 427 x 442 cm de diam.)

Pour ma part, plus jeune, en visitant les Musées parisiens, sans être guidée sur que voir, à l'aventure, je découvre certaines de ses oeuvres exposées, une chambre magique, les Cells, dans lesquelles elle rassemble des objets qui lui sont très proches et qu’elle investit d’une charge émotionnelle très forte. Les Cells sont des lieux où elle déroule la trame de ses souvenirs et de ses affects. L’émotion est au cœur de son approche du monde. Je n'avais pas alors d'atome crochus avec la sculpture et je n'étudiais pas encore en école d'art, mais en école d'arts appliqués. La sculpture était l'un des seuls domaines artistiques qui ne m'interpellait pas. Puis en étant confrontée aux oeuvres, physiques de Louise Bourgeois, j'ai ressenti les corps, les matériaux, entre fragilité et force, l'équilibre des compositions, le jeu entre figuration et minimalisme, les dessins en relation avec ces immenses sculptures, son espace mental exploré, l'odeur de ses antiquités, ses fils rouge et ses araignées, ses lits de fer et ses fioles en verre, tout me parlait et m'annonçait que dorénavant, la sculpture avait une présence et un vécu que je pouvais comprendre, partager et suivre. Bref, son oeuvre m'a initié à la sculpture dans ce qu'elle pouvait avoir d'intime avec nos souvenirs. Ce n'est que plus tard, en m'apercevant que peu se référait autour de moi à son oeuvre, dans les années 80, que je me suis penchée sur l'histoire de sa reconnaissance et par ce biais sur l'histoire en générale des femmes artistes et de leur émergence.

Il n'est pas évident de retrouver précisément les oeuvres qui vous ont ému il y a déjà des dizaines d'années auparavant. Je n'avais alors pas de quoi les photographier discrètement (à part mon 24x36, interdit dans les Musées) comme les appareils numériques d'aujourd'hui. Mais grâce à Internet, j'ai réussi à trouver 2 de ces premières rencontres qui illustrent ici cet article : Precious Liquids, 1992 et Le Défi, 1991. En cherchant, je ne me souvenais plus que l'installation du meuble de bois bleu en équilibre ou des objets de verre étaient exposés se nommait "Le défi". Par contre je me souvenais de ce que cela a induit comme perception chez moi, de la couleur, de l'équilibre, de l'échelle de l'ensemble qui me paraissait très contemporain. J'ai donc, sans taper le titre dans les moteurs de recherche, tapé des mots qui relataient de cette oeuvre. J'ai trouvé ! Et c'est bien le défi qui guide mes pas dans différentes aventures artistiques jusqu'aujourd'hui.

Le défi, 1991. (painted wood, glass, and electrical) - © Louise Bourgeois

J'aime beaucoup son allure dans le documentaire dernier de 2008, avec sa casquette et son manteau rose flashy et sa pertinence d'esprit, en compagnie de son ami et assistant, ses fils et ses histoires de mandarine face à son père avec lequel elle a construit son oeuvre vers sa destruction (du père) Mais je n'ai pas trouvé de portrait de ces moments. J'ai un livre qui lui est dédié et il y a une ancienne photographie dans laquelle elle porte des cheveux infiniment long. Elle semble très sérieuse et très appliquée. Ce que je retiens c'est son exigence, son air moqueur et la lumière qu'elle a su conserver de son enfance.


samedi 20 mars 2010

BABY CLEANER


Photo : Sonia Marques


À gauche le Baby Dyson création de son inventeur anglais James Dyson, designer industriel devenu célèbre pour ses ses aspirateurs à séparation cyclonique, sans sac et sans perte d'aspiration.

À droite... un aspirateur sans sac de la marque Bluebell... à oublier définitivement. Peut-être le moins cher du marché (29 euros je crois) le plus bruyant (je n'ai jamais entendu cela !) avec une odeur chimique même les fenêtres ouvertes... inoubliable ! Bref le mal de tête assuré et qui plus est un aspirateur qui n'aspire pas grand chose. Et puis conception formidable, comment vider la poussière du réceptacle en plastique ? Quasiment impossible à moins de le vider à la main, sauf que son espace alambiqué fait qu'on ne peut complètement le vider. Un aspirateur qui au bout d'un mois s'arrête net. Ceux qui inventent ou recopie de telles machines ont oublié de passer eux-même l'aspirateur, tant l'ergonomie d'une personne qui ne passe jamais l'aspirateur est inscrite dans l'appréhension de l'engin !

Revenons à celui de gauche : le plus cher du marché (gamme entre 300 et 600 euros) On peut penser qu'entre les deux, une ascension sociale se produit ! Ou bien que l'usager comprend très vite qu'il faut se simplifier la vie côté ménage. Un bébé robot qui accompagne l'homme ou la femme moderne dans les tracas des Cendrillons allergiques. Ce concentré de technologie est adapté pour ceux et celles qui n'oublient pas que l'intelligence dans les produits ménagers dépend de la fonctionnalité et pour ce cas, de l'air. Et ici l'air que l'on respire n'est pas pollué. Si comme certains, certaines, l'obstruction est une remarque qui déclenche une idée, une résolution, une invention, alors le design devient ingénieux. 

James Dyson n'en était pas à sa première invention dans les années 70, mais ce qui déclenche une invention, n'est pas forcément liée au produit lui-même... Une recherche dans un domaine donné s'enrichit d'observations diverses dans des domaines diverses, non donnés, et s'éprouve dans une curiosité constante à tous les niveaux.

En 1978, James Dyson remarqua que le filtre à air de l'atelier de peinture de la Ballbarrow se trouvait constamment bouché par des particules de poudre (tout comme la poussière bloque les sacs d'aspirateurs). Il décida alors de concevoir et de réaliser une tour à cyclone industrielle, qui séparait les particules de poudre de l'air en exerçant une force centrifuge qui dépassait de 100 000 fois celle de la pesanteur. Ce principe pouvait-il s'appliquer à un aspirateur ? James Dyson se mit au travail et 5 ans et 5127 prototypes plus tard, le premier aspirateur sans sac de Dyson fit son apparition.
(Source sur le site de la firme Dyson)

Ici le design, le style, l'esthétique a épousé sa fonction et libéré les ménages. Est-ce que cela a engagé plus d'hommes à aspirer leur intérieur, ou l'intérieur partagé ? Il parait que les Dysons sont les aspirateurs des geeks, (voir la démo Dyson  de mai 2008 sur Viméo)

Ceux et celles qui inventent doivent passer par des brevets coûteux à renouveler et par des copieurs et concurrents acharnés, car des parts de marché sont en jeux. Dyson témoigne de cette difficulté qui semble être un gouffre financier pour ceux et celles qui débutent dans leur recherche :

Puis en 1999, Hoover tenta de copier Dyson et James Dyson fut forcé de recourir à la justice pour protéger son invention. Au bout de 18 mois, James Dyson remporta une victoire contre Hoover pour contrefaçon de brevet.
(Source sur le site de la firme Dyson)

Il a fallu 14 ans à cet inventeur pour commercialiser son premier produit. À présent il est aussi représenté dans différents Musées du monde entier. Mais on peut se demander comment se fait-il que des idées utiles pour les humains, dans leur quotidien, adaptées à notre société contemporaine, avec sa demande d'éco-responsabilité, comment se fait-il que ces idées ne soient pas mieux accompagnées ? Pourquoi ne les développe-t-on pas avec plus d'engouement ?

J'imagine aussi qu'il y a des dizaines d'années en arrière, designer un produit dont on sait qu'il serait utilisé principalement par des femmes ne devait pas être chose aisée (jusqu'au milieu du XXe siècle, les sociétés occidentales assujettissaient les femmes, tant au point de vue du droit que des usages et coutumes : les traditions accordaient une importance particulière au rôle social de femme au foyer, qui devait se consacrer aux tâches ménagères, à la reproduction et à l'éducation des enfants)
Surtout que le coût très élevé de cet aspirateur, à une époque ou les femmes par exemple en France, devaient demander l'autorisation à leur mari pour avoir un compte en banque (voir plus bas nota bene), devait refroidir les sociétés. Les femmes avaient-elles le pouvoir de bénéficier d'un tel produit ? Les hommes prêtaient-ils suffisamment d'attention au développement de ces idées destinées aux produits ménagers ? Les hommes achetaient-ils facilement un aspirateur haut de gamme, en considérant que cela était aussi nécessaire que de mettre tout l'argent de mois de salaire dans une nouvelle voiture ?

Nota bene :
La loi de 1943 a supprimé la nécessité d'autorisation maritale pour l'ouverture d'un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l'accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. Chacun gère ses biens propres. Les biens communs sont administrés par le mari mais le consentement de l'épouse est nécessaire s'il souhaite en disposer. En 1985, la loi du 23 décembre instaure l'égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et l'administration des biens de la famille.
(Source du Planning familiale)

Dans un livret en PDF canadien qui sélectionne 8 inventions qui ont libéré la femme, on peut aussi noter que la première machine à laver apparaît au milieu du XIXe siècle aux États-Unis par l'inventeur Alva J. Fisher. Même s'il y a encore aujourd'hui quelques bagarres à qui était le premier, qui a déposé le brevet, etc. Ils ne sont pas tous d'accord sur le premier qui marche sur la lune, mais ils ont tous un drapeau pour le signifier.

"La première machine à laver apparaît au milieu du XIXe siècle aux États-Unis. Il s'agit d'une cuve dans laquelle les femmes doivent mettre de l'eau savonneuse avant d'actionner une manivelle pour agiter les vêtements. La besogne est allégée, mais les femmes doivent toujours faire des efforts colossaux pour l'achever. L'Américain Alva J. Fisher le remarque et crée, en 1907, la Thor, un lave-linge électrique. Le moteur de la machine faisait tourner la cuve dans un sens, puis dans l'autre, jusqu'à ce que la saleté soit délogée. La femme devait toutefois surveiller le lave-linge de près puisqu'il arrivait alors fréquemment que l'eau s'infiltre dans le moteur et provoque un court-circuit. Il faut attendre les années 50 pour que les fabricants de laveuses incluent un cycle d'essorage à leurs machines. Ce n'est qu'à cette époque que les femmes, encore en majorité responsables des tâches ménagères, ont réellement vu la corvée du lavage se simplifier."

Bref, c'est un peu pathétique de voir qu'un homme rentre dans l'histoire du féminisme parce qu'il a inventé une grosse machine dont va dépendre la femme pendant des années. Si l'on compare à l'invention de la voiture, avec cette notion de mobilité, d'évasion et de voyage, dédiée aux hommes, c'est incomparable avec ce gros contenant rempli de linges sales dont il faut attendre des heures la fin du programme... le plus souvent disposé à la cave. Il est dit que cela a libéré la lavandière d'autan, qui, en communion avec ses copines dans l'odeur de la lavande et les pieds dans l'eau des rivières faisait de cela son métier. Mais avec la machine à laver électrique, plus personne n'a dit que c'était un métier, que celui de laver le linge sale... C'est devenu une sorte d'esclavage, période industrielle oblige, dont les femmes n'ont jamais obtenu de revenu pour cette tâche.

Dans certaines villes, on peut encore voir le chemin et les petites maisons sur la rive, proche de l'eau, de ces lavandières qui lavaient le linge entier des habitants des maisons cossues d'en face, situées dans une montée et ayant vue sur le peuple (Les artistes, peintres et poètes, ont souvent embelli l'image de ces femmes du peuple, en les présentant dans un cadre romantique et des paysages magnifiés)



Anciennes cartes postales des lavandières de la Vienne au pied du pont St Étienne de Limoges



Côté "sex and the city", les réalisateurs de certains films dédiés à "la ménagère de cinquante ans" se sont servis de cette machine qui tremble entreposée dans des sous-sol improbables pour en faire des sièges impromptus de scènes grivoises et torrides, dont la thématique récurrente est celle de l'adultère (la femme étant toujours dépendante ou de la machine ou de l'amant qui profite d'un moment sous tension, d'un vibreur automatique) Ces scénarios "mainstream" ont donné des idées aux films pornographiques (quoique c'est peut-être l'inverse ;.) Un autre fantasme : son alter-ego étant celui du jeune homme qui se dénude et dépose ses vêtements à la laverie automatique, libre et sexy. Le style étant affilié à son contexte historique, il peut tout à fait changer à présent, même si les publicitaires se montrent les premiers conservateurs de ces images stéréotypées. On le doit certainement encore à l'âge des détenteurs des sociétés de publicités.

L'achat d'une machine à laver dans l'histoire d'un couple est souvent le don de la famille de la jeune femme. Après ne tient qu'à elle d'en faire un usage partagé ou non, de s'occuper de tous les linges qui rentrent dedans ou non. Telles sont les nouvelles règles inventées de vie à deux. Une fois le moment du partage assez éprouvé pour qu'il soit devenu le signe d'un nouvel étranglement, vient le moment ou le jeune garçon retourne chez ses parents faire sa laverie, aidé par sa mère ou belle-mère.... On ne le dit pas souvent mais la dépendance s'est retournée de l'autre côté. Si le jeune homme accepte très longtemps dans sa vie d'adulte cette infantilisation, c'est qu'il préfèrera afficher un ordinateur plutôt qu'une machine à laver chez lui. Mais rien n'est figé dans le marbre, il existe des lavandiers contemporains, des repasseurs et d'habiles couturiers de dernière minute (je ne fais pas partie de ces derniers, il faut bien le reconnaître) Tout est affaire de création et d'invention du quotidien.

  • Je me souviens du livre de François de Singly, "Libres ensemble" (2000), sous-titré "l'individualisme dans la vie commune" qui analysait le sujet. Il a travaillé sur les constructions de l'identité et de la subjectivité notamment dans une situation de vie à deux, et sur les phénomènes d'individualisme dans le couple ou en famille, et sur les processus d'individualisation. Il a ainsi saisit les mutations contemporaines de la famille.

Le design arrive souvent dans des moments de profonde solitude ou l'on doit résoudre un problème, sans posséder les bons outils. C'est dans ces moments que l'invention camouflée sous des airs de bricolage ou d'artisanat se remarque.

Michel de Certeau restitua, voilà dix ans, les ruses anonymes des arts de faire, cet art de vivre la société de consommation. Vite devenues classiques, ses analyses pionnières ont inspiré historiens, philosophes et sociologues (L'Invention du quotidien, 1. Arts de faire et 2. Habiter, cuisiner, éd. établie et présentée par Luce Giard, Gallimard, Paris, 1990)

Résumé 1.Arts de faire :

La Raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer. Mais l'homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation. Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistance par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l'espace et l'usage à sa façon. Tours et traverses, manières de faire des coups, astuces de chasseurs, mobilités, mises en récit et trouvailles de mots, mille pratiques inventives prouvent, à qui sait les voir, que la foule sans qualité n'est pas obéissante et passive, mais pratique l'écart dans l'usage des produits imposés, dans une liberté buissonnière par laquelle chacun tâche de vivre au mieux l'ordre social et la violence des choses.

Pour en revenir au "BABY CLEANER", intitulé de cet article, une petite morale s'impose :

Parfois un ménage de printemps fait office d'étincelle pour rassembler ses idées, créer des liens et écrire ces réflexions instantanément sur un blog. Si passer l'aspirateur peut être un moteur au métier d'écrivain, nombre d'artisans de l'écriture qui fantasment encore sur "les grands écrivains" seraient très déçus de voir des Cendrillons maniaques, ces femmes et hommes de ménage d'aujourd'hui accéder aux métiers de l'écriture... par gain de temps et hobbies technologiques.

lundi 8 mars 2010

HUMEUR

Scooter Girl By Piller Gregerson of Norfolk, Virginia ( Wired)


J'ai vu ce soir une manifestation dans la rue avec des banderoles tenues par des hommes et des femmes et des phrases criées : "pour l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes"

Entre autres !

Il y avait une belle entraide, une camaraderie avec de vraies idées scandées, dans une improvisation totale qui bouchait toute la rue vers les 20h00. Une manif. dans la nuit ! Totale audace, pas mal, pas mal ! Et là "HO MISÈRE" je me souviens que cela doit être la journée de la femme... Un 8 mars, complètement oublié cette journée ! Pourtant je travaillais, en compagnie de plein d'individus, garçons et filles, hommes et femmes. Et rien, rien ne m'est venu à l'oreille ! Si, une étudiante en art, chinoise, m'a présenté son projet : faire une fresque, un site Internet sur les femmes artistes des 30 dernières années avec des idées graphiques. Je me suis dit, qu'aucun, aucune étudiante n'aurait eu un tel projet si jeune il y a une dizaine d'années, sans aucun complexe et avec de vraies propositions graphiques. Même cet indice ne m'a pas mis la puce à l'oreille. J'en ai profité pour lui montrer cette fresque historique et chronologique réalisée pour le Musée du Centre Pompidou, suite à l'exposition elles@centrepompidou :

http://www.ina.fr/fresques/elles-centrepompidou/Html/PrincipaleAccueil.php

Bon je tente de rattraper cette injustice. Hum, hum... Mais en regardant le site référent de "la journée de la femme" (JDF) et ses affiches mises à disposition pour ce court évènement (une journée, sic ! Il faudrait organiser un concert géant avec plein de femmes brillantissimes, musiciennes, des dj, vj, artistes, et d'hommes les accompagnant avec brio ! Bref il y a de quoi faire en 1 journée ! Tant d'artistes font de belles choses sans jamais être sollicitées, tant de talents, tant de beautés !)

- en regardant le site référent JDF : Et bien c'est naze !

http://www.cotatel.fr/JDF/Concours-aff-jdf-2010.htm

Tant pis pour l'expression, mais c'est archi-naze ! Molasson peut-être...

"Les affiches sont mises à votre disposition gratuitement pour les imprimer gratuitement en vue de les placarder aux murs !"

Oui merci heureusement, il ne manquerait plus qu'on les paye ! Mais les afficher, non merci ! C'est pas possible de voir ça tout de même ! Des femmes graphistes et pro. cela existe, cela se trouve, cela rafraîchit les stéréotypes !

Alala ! Et pourquoi pas des hommes et des femmes qui réfléchissent ensemble à un graphisme, fort, qui décape, qui attire l'oeil et le bouscule, qui nous fait de suite dire : Yeah ! La classe ! Moi aussi je veux, moi aussi je veux faire pareil !

Je regarde celles qui font, organisent créent, développent, diffusent :


Jennifer Tee : http://www.teeteetee.nl/work_sk_p01.html
Risa Sato : http://www.risacan.com/
Emi Maeda : http://www.flickr.com/photos/watz/134115373/
Miss Kittin : http://www.misskittin.com/
Magda : http://farm1.static.flickr.com/114/315160242_d59acdc225.jpg
Charlotte Cheetham http://www.manystuff.org/
Petra Cortright http://petracortright.com/
Elna Frederick http://elnafrederick.computersclub.org/
Fanette Mellier http://www.fanettemellier.com/
Katharina Grosse : http://www.katharinagrosse.com/
Bat For Lashes : http://www.youtube.com/watch?v=n1wnOUH2jk8
Women on waves : http://www.womenonwaves.org/
Olia Lialina : http://art.teleportacia.org/observation/vernacular/
Young-Hae Chang :http://www.yhchang.com/CUNNICORNORD.html
Chiho Aoshima : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4d/Chiho_Aoshima_Gloucester_Road_Tube_Station.jpg
Kevin Blechdom :http://www.kevyb.com/
Kiwaïda : http://www.nissologie.net/snd_cocotriste.html
Planning To Rock : http://www.myspace.com/planningtorock
Micro Revolt : http://www.microrevolt.org/reblog/
Maroussia Rebecq : http://www.andreacrews.com/
Women in punk (1975-80) : http://www.mindspring.com/~acheslow/AuntMary/bang/wip.html
Kathy Acker : http://en.wikipedia.org/wiki/Kathy_Acker
Avita Ronell : http://www.laboiteasorties.com/wp-content/uploads/2009/05/avita-ronell.jpg
Vicki Bennett : http://www.peoplelikeus.org/
Karin Dreijer Andersson : http://feverray.com/

et et et : Muriel Cooper... Susan Kare...

Au pif, ce soir ! Sans m'oublier <3

Tout de même ! À quand la "journée de l'homme" (JDH) que l'on puisse faire des affiches ridicules, ringardes, archi-naze et molassonnes et les placarder dans la rue ! Gratuitement ;.)



dimanche 7 mars 2010

SHOW DE VENTS

"Éole, roi de Venise", "Les vents d'ange", Mistral gagnant", "Attaque des six clones", "Le coup de sirop co"... Au total, 14 chars d'apparat aux noms venteux participeront, dimanche après-midi, au défilé carnavalesque. Une cavalcade qui cette année évoluera autour du thème "Show de vents".

Tempête sur le carnaval ! Comme le dit le journal Lepopulaire.

Photographies : Sonia Marques / Carnaval de Limoges 2010

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