
ESTER Technopole (Photo : Sonia Marques)
Plus précisément, les conférences étaient à l'ENSIL, l'École Nationale Supérieure d'Ingénieurs de Limoges.


La couleur rose est celle de la communication du WIF
J'ai rencontré Shigeru Inatomi, un japonais venu faire sa conférence sur "la conception de sites web internationaux pour les entreprises".
Pas de bonnes photos des conférences, mais quelques notes :
Les japonais organisent un "Japan Web Grandprix Awards" depuis 2007, comme il existe chez nous des prix décernés au cinéma. Cela permet d'évaluer et mettre en valeur la présence Web des entreprises, il y a aussi des catégories écoles. Sa conférence portait sur le compromis nécessaire à la création d'un site Internet vu par des pays différents, ayant une lecture chacun distincte et locale. Un brésilien ne regarde pas un site comme un japonais ni comme un anglais. Et dans ces différences, le travail de site institutionnel et international consiste à trouver le dénominateur commun, tout en intégrant les exigences locales. Le succès de la conception se trouve bien en amont de la création, à la définition d'une structure définie avec des rôles précis de chacun. Cela permet de préserver les conflits en connaissance de chaque exigence des filiales du groupe en question. Shigeru est directeur Général, Japan Entreprise Web-Grandprix, il a commencé une carrière de représentant commercial pour IBM Japon, il a été directeur du stand IBM pour l'Exposition Web internationale de 1996, où il a également joué le rôle de producteur Web. Il a en outre à son actif de nombreuses réalisations de sites Web élaborés créés à l'aide de technologies de pointe : film en live streaming depuis le désert de Gobi en Mongolie, courriers d'auditeurs à un explorateur de l'arctique, modélisation VRML en 3D d'un sanctuaire Shinto. Son parcours est assez riche et exotique : il est le créateur du premier site Web de Sumo de l'histoire et de la page d'accueil de 90 villes japonaises. Il a également converti un petit village en un terrain de jeu, a contribué à la collaboration de musique et de danse entre Tokyo et NY, Tokyo et le centre Kennedy de Washington DC, et a travaillé à la mise en place d'un réseau d'étudiants mondial mettant en contact Londres, Séoul, Tokyo et Hawaii. Le live streaming de mariages et de voyages de noces entre la Jamaïque et le Japon a largement influencé l'industrie du mariage à l'époque. Shigeru a également été Producteur Web pour le site officiel des jeux olympiques et paralympiques d'hiver de Nagano en 1997-98. Après les jeux, il a été Webmaster pour IBM Japon et directeur marketing pour IBM PC sur Internet. Il a organisé le Grand Prix Web des entreprises au Japon en 2007, lequel Grand Prix a été étendu à 40 grandes entreprises et plus de 100 sites Web en 2009. En tant que directeur général du Grand Prix Web, il est responsable des scorecards des valeurs Web pour les entreprises. Il fournit aujourd'hui des conseils à ces entreprises.
J'ai ainsi pris bonne note du sens de lecture des japonais pour les sites Internet, sur le mode plus à l'horizontal (plus confortable pour eux que sur le mode de la verticalité, qui est très occidental) Le coin supérieur droit est la première zone de lecture, tandis que le coin supérieur gauche est celle d'ici ! À la question de "quel est le truc pour qu'un site n'offusque pas les uns et les autres et soit lisible pour tous", la réponse est dans la traduction, qui doit être de qualité : faire localiser la traduction, sinon cela se voit et cela n'est pas acceptable.
J'ai pris des notes sur la table ronde sur le design d'information, animé par Sébastien Genvo, chercheur au CeRes (Centre de Recherches Sémiotiques), à l'université de Limoges, avec les intervenants, Antoine Visonneau qui a fondé OODA (agence de conseil en innovation spécialisée dans la conception de produits et services interactifs), architecte, enseignant le design interactif aux Gobelins, l'école de l'image et Lionel Maes de Bruxelles, graphiste développeur de La Villa Hermosa (voir aussi le blog)
Avec des slides, nous pouvions visualiser leur systèmes de représentation. Bien que le vidéoprojecteur ne faisait pas apparaître la couleur rouge et bien que plusieurs de leurs graphismes comportaient du rouge, quelques liens plus tard, chez moi, j'avais accès à de meilleures visualisations provenant de leurs expériences ;.)
Antoine Visonneau, a montré des Graph Radar, des graphiques en toile d'araignée, l'eye tracking (oculométrie), des techniques permettant d'enregistrer les mouvements oculaires... Des systèmes de représentations en 3D, qui permettent de mesurer l'audience d'une série télévisée, un trafic mesuré dans le temps et l'espace, des méthodes d'appréciations de jeux vidéos, toujours par représentations, élégantes, sophistiquées des visualisations d'ontologie dont la figure change selon le mode opéré (espace sphérique ou espace hyperbolique)
Là je fait une petite échappée à la table ronde pour mettre en lien le site très connu VisualComplexity (qui traite du design d'information avec un répertoire de cartographies en ligne) dont le fondateur et chercheur, designer portugais (Açores) Manuel Lima était président d'honneur du WIF (son site ici, un entretien sur Vimeo ici)
Sébastien Genvo a parlé des Newsgames et cité le livre "Gamer Theory" de Kenneth McKenzie Wark, théoricien de la sociologie des nouveaux médias et de la communication. Ce que j'ai noté c'est qu'on ne peut jouer qu'avec incertitude, l'information est la mesure de l'incertain (il n'y a pas d'information quand tout est prévisible) Aussi, jouer c'est faire l'exercice des possibles (du virtuel), faire l'exercice de l'incertitude.
Lionel Maes nous a montré, entre autre, un site Internet d'un artiste (Alec De Busschère) qu'il est en train de représenter. L'objectif du site est de montrer la structure du travail de l'artiste et les liens qui se tissent entre ses oeuvres. Le site, entièrement dynamique (un système d'administration permettra d'en gérer le contenu), produira une forme générative.
Mes photos prises n'étant pas bonnes, autant aller sur leur blog ou tout est expliqué :
"Nous avons cherché à construire une visualisation de données se basant sur un principe simple. Nous sommes partis d'un schéma dessiné par l'artiste, en cherchant à développer une structure graphique navigable en ligne. Les travaux sont réunis par familles selon des liens établis par l'artiste. Chacune de ces familles forme un ensemble de cercles imbriqués dont le diamètre varie selon le nombre d'oeuvres qu'elle contient. Chaque oeuvre est représentée par un point, disposé dans le cercle selon les liens qu'il entretient avec les autres. Cette structure s'organise autour d'un élément central, le parent de la famille, celui vers qui les autres travaux se rapportent par filiation. Le site sera dynamique; le système d'administration développé par la villa hermosa permettra donc à l'artiste de mettre à jour son site et de faire évoluer cette structure graphique. "







