
Photographie : Sonia Marques (Porte-perruque en forme de perroquet, XVIIIe siècle, faïence à décor de grand feu, Allemagne, exposé au Musée National Adrien Dubouché de Limoges)
Adrien Dubouché était un mécène et amateur d'art. Il a installé une école d'art dans son Musée. Je ne sais si d'autres Musées ont eu cette association avec une école d'art, mais j'ai trouvé cette idée très intéréssante :
"En 1865, il accepta de prendre la direction du musée. Il fréquenta régulièrement les milieux artistiques parisiens. Dès 1866, il fit don de 400 objets au musée. En 1868, il créa une école d’art qu’il installa dans le même bâtiment que celui du musée, afin que les collections servent de source d’inspiration pour les artistes. A la mort de son ami Albert Jacquemart, spécialiste de la céramique orientale, il racheta sa collection constituée de près de 600 pièces et en fit don au musée. Pour le remercier de son geste généreux, le conseil d’Etat, sur la demande de la ville de Limoges, décida que le musée portât son nom."
J'ai trouvé une parenté avec le bâtiment architectural du Musée, qui a gardé l'enseigne "École" sur sa porte, avec celui de l'école des beaux-arts de Paris. Comme le dit cet extrait :
"Considérés comme un modèle d’encouragement des arts décoratifs, le musée Adrien Dubouché et l’école des arts décoratifs de Limoges furent nationalisés en 1881 et s’installèrent dans de nouveaux locaux inaugurés en 1900. L’architecte, Pierre-Henri Mayeux, était aussi professeur d’art décoratif, notamment à l’École nationale des beaux-arts de Paris. Réalisés avec un budget très restreint, le musée et l’école devaient néanmoins être d’une réelle qualité architecturale, car ils constitueraient une leçon quotidienne pour les élèves. Les deux bâtiments, particulièrement la façade principale du musée, peuvent être analysés à la lumière de la théorie de la composition décorative publiée par Mayeux. Ils reflètent de manière exemplaire les principes de l’ « Art nouveau » institutionnel qui s’épanouit avec l’enseignement des arts décoratifs à la fin du XIXe siècle."
Je vois qu'il est prévu une restructuration du Musée reprenant la partie de l'ancienne école (source DRAC du Limousin)
"L’École nationale supérieure d’art de Limoges-Aubusson ayant libéré les locaux mitoyens pour s’installer sur le campus universitaire, une opportunité s’offrait au musée de doubler ses surfaces et de se doter de moyens de fonctionnement adaptés aux impératifs d’un grand musée contemporain. Le Ministère de la Culture et de la communication / direction des musées de France, et la Direction Régionale des Affaires culturelles, maître d’ouvrage, a donc confié la rénovation et l’extension du musée Adrien Dubouché à Boris Podrecca."
Le Musée est assez remarquable, de quoi ressembler le temps de la visite à des éléphants dans un Musée de porcelaine : on retient sa respiration devant cette fragilité et cette préciosité sous verre.
"Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine"
L’expression s’explique simplement parce que de par sa taille et son poids, un éléphant dans un magasin de porcelaine causerait par maladresse beaucoup de dégâts. Nous sommes face au manque de finesse et à notre maladresse devant ces variétés de vases et de plats, d'ornements fabuleux selon la culture et l'époque de la fabrication, blancs ou colorés.Le mot PORCELAINE vient de du latin porcella (« truie »), le coquillage nommé « porcelaine » ressemblant à la vulve d'une truie, d'après l'époque des découvertes de Marco Polo en orient. Le matériau, la porcelaine vient de sa similitude avec le coquillage. Il y a là quelque chose du cochon et quelque chose du beau dans le même mot. Ce coquillage est aussi nommé "pucelage" (Terme d'histoire naturelle. Espèce de petit coquillage univalve du genre des porcelaines) et ce mot convoque sans pudeur, la pudeur elle-même en prenant sa source dans la virginité. Dans l'iconographie populaire, la porcelaine, la porcella est associée à la sensualité féminine, à l'intime, au coquillage. Il a fallu tant de précaution afin de transporter et conserver des porcelaines, que nous voici développant des imaginaires de douceurs afin de les révéler, les exposer. Ou bien, prétextes de scènes de ménages à portée de main, services de famille hérités, lancés d'assiette ou lapsus fracassants, la casse de la porcelaine ne laisse pas indifférents les éléphants.
"C'est en Chine, à l'époque Tang, que la véritable porcelaine dure est mise au point. L'époque Song voit peut-être la plus belle production jamais réalisée : finesse de la pâte, pureté des formes, glaçures d'une subtilité remarquable, éventuellement décor floral incisé, modelé ou, plus rarement, peint. D'abord artisanale et disséminée, la production se concentre à l'époque Ming dans des manufactures, dont celle de Jingdezhen (Jiangxi) est la plus importante. "
(Source : http://www.larousse.fr/)
Après avoir tenté pendant si longtemps de voler le secret de fabrication de la porcelaine aux inventeurs chinois, les français ont trouvé "l'or blanc", le Kaolin ("Gaoling 高岭", des collines hautes de Chine) à Limoges, qui sert à fabriquer la porcelaine, ce matériaux translucide, blanc, fragile.
C’est au XVIIIe siècle que l’on trouva enfin des gisements exploitables en Europe, en 1709 en Allemagne, puis en 1768 en France, à Saint-Yriex-La-Perche, localité voisine de Limoges. C’est à partir de cette découverte que naquit et se développa la porcelaine de Limoges. Sous les auspices de Turgot, alors intendant du Limousin, qui y vit une source de richesse pour sa région, la première manufacture fut créée en 1771, puis protégée par le Comte d’Artois à partir de 1774.
(Source : http://www.musee-adriendubouche.fr)
