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Blog Kiwaïda

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vendredi 27 août 2010

MARINA ET ULAY

Photos de Marina Abramović et Frank Uwe Laysiepen (Ulay) lors de la performance de Marina Abramovic "Made me cry" au MoMA

Les amants du body art ne se présentent plus tant leur histoire du "Je t'aime moi non plus" a été marquée et diffusée à l'heure de l'art vidéo. Leurs performances depuis leur rencontre en 1975 et leur séparation en 1988 sur la Grande Muraille de Chine symbolisent le couple, l'homme et la femme, en tensions extrêmes, vie privée et vie artistique fusionnées fusionnelles, intenses et sans concession.

Séparé, que sait-on d'Ulay ? Qu'est-il devenu ? Il est photographe, de son 'vrai' nom Frank Uwe Laysiepen et à priori, comme le pacte du couple séparé l'a performé en 1988, ils ne se sont plus revus, dirons-nous, de façon théâtrale, car qui sait... On ne sait d'ailleurs si leur pacte comportait des amours contingentes (cf. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir)

Ici, ces photos témoignent en tous cas d'une rencontre (préparée ? inattendue ?) lors de la performance récente de Marina Abramović "Made me cry" au MoMA de New York. Le protocole (comme toujours chez Marina, il y a un contrat, Sacher Machoch n'est pas très loin) le public de l'exposition (une personne à la fois) est invité à s'asseoir face à l'artiste. Plusieurs photographies ont été faites, de personnes en pleurs face à l'artiste solennelle (restant 2 mn à plusieurs heures, d'autres revenants chaque jour...) Un peu 'people' (Björk, Sharon Stone, Isabelle Huppert, Lou reed...) sont venus se représenter (sans faire la queue, hum, hum) rencontrer la star, être un peu en face à face de célébrités.

Cette rencontre est Ulay, venu le jour du vernissage s'asseoir face à son ex-collaboratrice, ex-amoureuse, ex tout, puisque tout les a séparés avec leur pacte de rupture sur la Grande Muraille.

Il est relaté que la foule s’est tue et Marina Abramović s’est mise à pleurer. Elle a ensuite avancé les bras vers lui et lui a serré les mains pendant quelques instants. Peut-être (à moins que tout soit écrit d'avance) qu'elle a brisé là les règles de sa performance, l'instant des retrouvailles publiques.

Cette exception, si elle est hasardeuse, car il n'y a que très peu de part de hasard dans l'art de Marina Abramović (tout n'est que contrôle, maîtrise, écriture, scénario, chorégraphie...), rappelle des shows télévisés où les amants se retrouvent en direct, pour le meilleur ou pour le pire.

Longtemps je me suis demandée ce qu'était devenu Ulay et s'il avait vraiment souhaité la Grande Muraille. J'ai rencontré Marina Abramović à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Paris, étudiante. Elle était venue faire un workshop sous la forme de sessions extrêmes (du genre pas manger pas boire pas parler) avec un groupe d'étudiants. Je n'avais pas choisi ce workshop, car les lavages de cerveaux ne m'intéressaient pas et l'expérience du corps avait à mon sens trouvé ses limites (je découvrais la communication à distance avec Internet) mais j'ai pris un verre au retour du périple des étudiants me relatant leur parcours initiatique dans la nature, telle une émission télévisée d'Ushuaïa. Ils étaient 'gouroutisés' en compétition les un(e)s avec les autres (principalement que des filles) Marina, belle femme et personnage charismatique était en habit de femme, séductrice et détendue, rassemblait ses disciples arrivistes. Elle avait bu et avait affirmé à ce moment, je pense qu'elle fêtait ses 50 ans, que son seul regret était de ne pas avoir eu d'enfants. Je me disais que l'adoption devait alors lui sembler 'hors performance' pour être si péremptoire. J'ai rencontré lors d'un dîner avec mon ami Johannes, une de ses étudiantes ayant participé au workshop quinze ans plus tôt. Elle avait entre temps fait 3 enfants et parlait de sa progéniture comme l'accomplissement de sa vie et semblait avoir mis une sourdine à son travail artistique. Le workshop avait porté ses fruits ;.) Même si elle ne se souvenait pas des paroles de Marina en femme détendue autours d'un verre, elle restait une quinzaine d'années plus tard gouroutisée par l'art de Marina en l'artiste.

Je me souviens aussi d'une performance 'intime' que peu ont vu, avec Jean Luc Vilmouth, artiste chef d'atelier que j'avais choisi pour m'accompagner lors de mes études. Il avait eu l'idée de nous demander de choisir un autre étudiant (ou étudiante) dans le groupe et d'imaginer un scénario improvisé d'une rencontre de séduction. Souvent le résultat était nul. Sachant que Marina Abramović était dans les couloirs de l'école, il a décidé, pour nous motiver, de faire une rencontre devant nous, avec elle, en l'invitant. Ni une ni deux, elle s'est jetée sur lui et l'a littéralement aspiré de sa langue jusqu'à ce qu'il tombe à terre, en véritable démo de ce qu'elle savait faire : une performance ! Une professionnelle, capable même de la reproduire (le caméraman, artiste Tony Bown ébahit, n'avait pas pu démarrer le film et avait demandé de recommencer la scène) Il n'y avait pas là de séduction, de préliminaires et Vilmouth s'est retrouvé mangé à la sauce Abramović, une athlète rapide qui exécute l'idée première en brûlant les étapes. Elle peut faire durer le plaisir ou la souffrance comme faire couler les larmes, tant elle convoque l'émotion en forçant l'autre à la rejoindre. Difficile après ce show de trouver sa forme d'expression tant le modèle devenait dominant. Cela m'a fait réfléchir sur la passion comme diktat, la fusion comme ordre. De mon point de vue, il n'y avait pas eu de rencontre et Marina performait seule, sans empathie. Avais-je assisté à un meurtre ou à un baiser ?

Ce qui est sûr, c'est que ces artistes ne pensaient pas encore avec Internet et je trouvais l'histoire de l'art rejouée tant de fois, qu'elle pouvait devenir une farce et la plupart des étudiants désiraient être acteurs de celle-ci. L'alternative aux modèles dominants restait à trouver. Non farçis, ces moments étaient délicieux à partager.

mercredi 18 août 2010

HEARTBEAT


© Photographe : Nan Goldin

The Ballad of Sexual Dependency (1981-1996) est une oeuvre de l'artiste Nan Goldin, que j'ai pu voir il y a plus de 15 ans maintenant. Sous la forme d'un diaporama de 50 minutes, avec ses 700 photographies et une bande musicale. Nan Goldin relate sa balade de la dépendance sexuelle ainsi :
 "Pendant plus de trente ans, je voyage autour du monde en présentant des versions différentes de La ballade de la dépendance sexuelle, d’abord dans les petits clubs indépendants, puis les cinémas, et finalement les musées. Ce qui avait commencé comme un film personnel s’est modifié au gré des nombreuses réactions du public. J’ai collectionné toutes sortes de musiques – souvent sous forme de cadeaux – de la même manière que je collectionne les images. J’ai monté des dizaines de versions de la bande son, qui fait office de narration, étant donné que les paroles expliquent souvent mon attitude envers les images, de l’ironie à la tendresse. "
J'ai été touchée et émue d'assister à cette vision et cela m'a conforté dans mes recherches photographiques. Des professeurs, des photographes ne connaissaient pas très bien son oeuvre et me disaient que ce n'était pas une bonne référence, car ce n'était pas une vraie photographe. Je n'ai jamais écouté ces critiques et j'ai commencé à acheter le catalogue de l'exposition (une fortune pour moi à ce moment là) puis à visiter sa galerie sur Paris ou les expositions collectives dans lesquelles elle participait. J'ai vu évoluer son travail, toujours avec grâce et lumière.
All By Myself (1992-1996), Sœurs, Saintes et Sibylles (2004)... et puis Heartbeats (2001) que j'ai pu voir à l'exposition au centre Pompidou (du 11 octobre au 10 décembre 2001 ainsi que du 5 avril 2006 au 29 janvier 2007)
Photographies empathiques, d'amour et d'expérience. La beauté, la vulnérabilité, le quotidien dans ce qu'il a de plus dépendant, attachant, du journal intime au documentaire avec une technique "album de famille" loin des tabous, engagé, c'est tout ce qui m'intéressait. Je me souviens des critiques sur le 'banal album de famille', sur les 'photos de vacances' ou encore la 'facilité de choquer'. Ce n'était rien de cela pour moi. Il y avait une certaine noblesse dans la concentration de l'affection et de l'accompagnement, dans ce qu'il y a parfois de déchirant et confus pour l'extérieur, pour celui ou celle qui n'est pas dans la relation, pour celui ou celle qui regarde la photographie ; avec la volonté d'une esthétique au-delà du genre, traversant les préférences sexuelles et les rattachant à la beauté d'un instant, pris sur le vif, le plus souvent lié à l'union (ou la séparation) Dans l'esthétique et dans la technique de la photographie, il y a une grande tolérance. Un ami qui m'a beaucoup assisté dans ma dernière exposition a parlé de mon travail comme une oeuvre très tolérante. J'étais assez étonnée du terme, mais à présent je peux ainsi mettre des mots sur ce que j'apprécie dans le travail de Nan Goldin : cet art de la composition avec les présences de l'instant (une harmonie jusque dans le trouble, la photo trouble, le mouvement) Les 'modèles' sont des amis, des connaissances et ils participent à cet instant photographique. Ils donnent et échangent avec la photographe et c'est cette confiance qui est restituée. Une vision intime qui peut mettre mal à l'aise ceux et celles qui ne regardent pas en face la fragilité des relations, les instants éphémères, qui mis bouts à bouts, forment l'expérience et le souvenir. La part nostalgique de ces moments photographiés, mêmes s'ils ne sont pas les nôtres, dans les photographies de Nan Goldin, se révèle rejoindre la nôtre, quelque chose que l'on sait être vrai, intimement. Picturales, le chiaro oscuro des photographies forment des évolutions car nous suivons les mêmes personnages parfois, comme les héros d'un film, dans des situations changeantes avec une lumière changeante. La narration est celle du rythme de la vie, comme ces photographies vitales, qui font partie de la vie de Nan Goldin. Et ici, comme dans une installation qui était un hommage à sa soeur, nous sommes face à des prières. Nous nous recueillons sur ces inquiétantes étrangetés.

Le morceau qu'accompagne l'installation Hearbeats, est cette fois-ci un long morceau, superbe, chanté par Björk (Prayer Of The Heart), composé par John Tavener (Musique : Brodsky Quartet ) de 15 minutes environ. Björk chante "Kyrie Eleison" (Seigneur aie pitié) en anglais et en grec.

Je pensais aux photographies de Robert Mapplethorpe qui sont très figées, classiques, loin des troubles de Nan Goldin mais très proches des troubles dans le genre. La photo ci-dessous est vraiment réussie et on ne peut pas lui rester indifférent (reprise récemment pour la pochette d'un album, "Night Work" d'un groupe américain pop disco, Scissor Sisters) un peu comme la plupart des photographies de Mapplethorpe (parfois morbides surtout lorsque l'on connait l'histoire et les modèles et leurs fins tragiques...) J'ai d'ailleurs hésité à la disposer en plus petite taille sur le blog tellement ce derrière 'mange' tout (et je pense ne pas avoir le droit de la diffuser) Elle m'apparait moins classique que la plupart de ses poses et modèles masculins qui font directement référence aux sculptures antiques, aux corps idéalisés. Ici c'est un danseur, qui pourrait être une femme, avec un esprit très années 80.



© Photo du danseur Peter Reed prise par Robert Mapplethorpe en 1980

Il a réussi un portrait rare de Louise Bourgeois à 71 ans, serrant contre elle sa "Fillette" (sculpture de 60 cm d'un pénis en érection) en 1982. Très contrastées, ses photographies jouent avec les symboles, les oppositions. Elles sont différentes de celles de Nan Goldin car elles sont dans la saillie constante, stylisées, sophistiquées, raides, froides et fascinantes. Celles de Nan Goldin sont dans une modulation que l'on imagine infinie, proche de l'image en mouvement. La tristesse, l'abri, la cachette sont mêlées à l'exhibition photographique. Elles communiquent l'acte photographique dans ce qu'il a de plus simple à réaliser (la présence d'enfants est souvent là comme regard- témoin, les adultes sont sur un même niveau d'enfantillages) Les séries d'images sont sur le fil d'une histoire, ce qui la singularise par rapport à l'art traditionnel photographique. Ce qui les rapproche est de faire de la sexualité un sujet d'expression artistique en tenant compte des mouvements de celle-ci.
Peter Hujar, photographe antérieur, qui est méconnu ici, pourrait être la trace que suivait les autres dans ce continent (dont une photographie était la pochette de l'album "I'm a bird now" d'Antony and the Johnsons (2005) avec la très belle voix androgyne d'Antony Hegarty. Et si je me souviens bien et en m'aidant de l'outil Internet, il a participé à l'album de Björk (Volta, 2007) dans "The dull flame of desire" et "My juvenile".

La boucle est bouclée.

lundi 5 juillet 2010

DESIGN & CO

Dans le cadre de l'exposition collective d’art contemporain "Design&co" à Saint-Yrieix-la-Perche (Limousin), je vous invite à voir la pièce CENDRILLON de 1600 carreaux de céramique de couleur, oeuvre multimédia sur le métissage, produite à l'ENSA de Limoges (inaugurée en téléchargement lors du WIF, Festival International du Webdesign)

CENDRILLON, faite de kaolin et de pâte recyclée est exposée complète, totalement téléchargée pour la première fois dans la ville, Saint-Yrieix-la-Perche, ou l'on a découvert le kaolin en 1768.

+ d'informations ici : http://www.nissologie.net/cendrillon/communique_cendrillon.pdf

Design&co
Exposition d’art contemporain sur le thème du design éco-logique, éco-citoyen, et cie…
Tous les jours de 14h à 18h. Entrée libre.
 Du 03 juillet 2010 au 31 août 2010
Salle Attane
87500 Saint-Yrieix-la-Perche



Flyer (Sonia Marques)

Et voilà ! Complètement téléchargée ! Une première !


Photographie (Sonia Marques) du vernissage Salle Attane, Saint-Yrieix-la-Perche

Merci à Patrick Audevard et à Étienne Cliquet pour m'avoir aidé à l'installation.

En remerciant également Christine Achard pour son aide pour l'exposition.

samedi 5 juin 2010

CAGE


Mona Hatoum : The Mexican Cage, 2002


Mona Hatoum : Paravent, 2008


Mona Hatoum : Hot Spot, 2006
Stainless steel and neon tube. H: 234 x D: 217 cm


Mona Hatoum, Impenetrable, 2009
Acier vernis noir, fil de pêche. 300 x 300 x 300 cm.

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Encore des souvenirs de premières découvertes avec la sculpture (voir article antérieur sur Louise Bourgeois) et je me souvenais des installations de l'artiste contemporaine Mona Hatoum, dont j'apprécie le travail, qui m'a fait réfléchir sur l'espace que pouvait prendre la cage. Oeuvres extrêmes et minimales, muettes, dont les structures empruntent à l'enfermement, à la séparation, une tristesse et une violence simplement exposées par l'échelle de ses volumes. La cage était un signe d'enfermement lorsque j'étais confrontée à ses oeuvres. En lisant l'article biographique ici, c'est sans doute cette hostilité qui m'a touché, son exil qui s'exprime depuis sa propre expérience dans sa nostalgie du pays natal, l'expression de sa colère et son indignation face à la dépossession de son peuple, son sentiment que le monde est un endroit étrange et souvent hostile :

Elle est née en Palestine, elle a grandi à Beyrouth et elle vit à Londres depuis 1975. Elle a donc vécu une sorte de double exil, dont elle a beaucoup souffert. Elle était continuellement déchirée entre le réconfort que lui apportaient les souvenirs de son pays natal et la nécessité de se réinventer dans un endroit étranger, entre le désir de rentrer chez soi et celui d’être reconnue au sein d’une nouvelle communauté. Libérée de l’emprise de sa famille, de son milieu et de sa culture, Mona Hatoum est devenue quelqu’un d’autre. Elle s’est retrouvée dépossédée, impuissante tant sur le plan émotionnel que psychologique qu’économique et politique. C’est cette étape de sa vie qui a amené la majeure source d’inspiration dont Mona Hatoum fait preuve aujourd’hui.

Puis j'ai considéré la cage tout autrement avec les oiseaux en captivité. La peur de la cage venait qu'elle renvoyait au prisonnier, mais depuis que j'élève des oiseaux exotiques, je me suis aperçu que c'était pour eux un espace qui les protégeait et dont ils avaient énormément besoin. Cette image de l'oiseau derrière les barreaux est une image que nous connaissons par mimétisme mais si l'on écoute du côté des éthologues (cf. Johanne de Vaillancourt), cet espace privilégié est une maison qui limite aussi l'espace des autres, il veut dire : Ne rentre pas ! On s'aperçoit aussi, que plus la cage est spacieuse plus elle est appréciée, des oiseaux sauvages, les volières. En revanche, pour les oiseaux élevés à la main (eam) une très grande cage peut faire peur, l'oiseau étant plus habitué au contact humain, à sortir et vivre dans l'espace près des humains puisque cela devient ses parents, son ami, ou son amoureux, amoureuse ! Bref, la cage est un élément de réflexion permanent dans ma vie. Chacun transporte sa cage ou délimite son espace entre soi et les autres avec plus ou moins de discrétion. Nous habitons et dormons dans des cages, même précaires pour les uns ou démesurées pour les autres. Mais dans les cages de prison, la collectivité remplace l'individuation et c'est peut-être cela qui est le plus insupportable. Parfois il y a des familles qui vivent dans des configurations intenables ou chacun rêve un jour de voler de ses propres ailes... vers sa propre cage, avec la responsabilité de ses propres limites, et ça c'est encore autre chose : assumer ses propres limites.
Le design de cage pour oiseau est très lié et contraint par des paramètres sécuritaires très importants (peinture non-toxique, lavable et nettoyage facile, largeur et hauteur adéquats à la taille et l'espèce, facilité de déplacement, construction solide et ergonomique aux éléments qui s'y intègrent comme les aliments, les jouets, les perchoirs)... Bref autant d'éléments qui font que sur le marché, il existe des modèles type, de très bonnes marques du nord de l'Europe et du Canada et aussi des "Made in China" moins coûteuse dont il faut se méfier (toxicité des matériaux de construction, peinture, rouille) Si je pouvais re-designer une de mes cages, je saurai à présent comment faire par le vécu de leurs habitants et dans ce domaine, comme dans l'architecture en fonction de nos modes de vie contemporains, il y a pas mal de chose à revoir... En réfléchissant sur les espaces dans lesquels nous vivons, dormons, communiquons, mangeons, certains sont construits pour des personnes vivant il y a plus d'un siècle en arrière, d'autres pour des personnes vivant il y a cinquante ans... On s'y déplace différemment, on y rêve aussi de façon différente.
En attendant, je vais dessiner une boîte à oiseau pour un prochain projet artistique, mais ce ne sera pas une cage...



lundi 31 mai 2010

TÉLÉCHARGEMENT


Vue de l'oeuvre Cendrillon le jour du vernissage le 11 mai 2010 (Photo : Sonia Marques)


Téléchargement des carreaux le 27 mai 2010

Pour ce work in progress, avec l'existant de l'École Nationale Supérieure d'Art de Limoges-Aubusson, l'oeuvre de Cendrillon qui se télécharge jusqu'au 4 juin arrive bientôt à sa complète restitution. Le festival du Wif commence le 3 et se poursuit jusqu'au 5. Dommage que l'exposition ne soit pas ouverte le week-end pour profiter des visiteurs de dernière minute ou des visiteurs de ce festival ! Des amis souhaitaient venir mais je dois déjà des-installer l'oeuvre ! Mais dès qu'elle sera visible ailleurs je recontacte mes amis. Faisant avec l'existant c'est assez nouveau d'exposer dans l'école dans laquelle on enseigne, plutôt rare et bonne expérience. Côté pédagogique en tous cas c'est très riche et le feedback est direct pour les étudiants (réflexion, observation, participation, corrélation avec les cours) Côté artistique c'est se mettre en danger car les conditions professionnelles d'une exposition ou même de la production d'une oeuvre ne sont pas au RDV. Une école ça grouille d'imprévus, de passages, de planning superposés, de multiples aléas qui ferait frémir le plus angoissé des artistes. Il faut être un peu bouddha pour comprendre et rester discret, dans l'ombre des priorités obscures tout en assumant une présence sans détour.

Ici, disponible au regard, sur un plateau, des biscuits de couleurs, des formes géométriques dont la mathématique révèle une figure.

Arriver le matin enseigner et contourner l'oeuvre pour monter dans la salle d'infographie, dire "bonjour" à Cendrillon, dire "à demain", une expérience étonnante. Un matin j'ai vu ses yeux comme des néons, car la lumière du plafond transperçait uniquement sur ces 2 yeux, c'était magique. J'ai archivé ce moment fugace.

Cet existant aujourd'hui, temps de pluie, il y avait une fuite d'eau du plafond de l'école, à plusieurs endroits d'ailleurs de l'école. Mais ici, pile sur le plateau, une énorme flaque et des gouttes qui n'arrêtaient pas de tomber. Et puis un sot sur l'installation finalement est venu recevoir les gouttes du plafond. Demain l'équipe et moi-même allons tenter un déplacement... subtil ou laborieux de quelques mètres, afin d'épargner les quelques jours d'exposition de la fuite. Quoique, faisant avec l'existant, cette étape impromptue mérite une archive dans le téléchargement de l'oeuvre... La céramique résiste à la pluie, comme si nous prenions une douche dans une salle de bain carrelée, ici point de papier ou de matériaux périssable aux fuites. Mais lorsqu'il y a de l'électricité et des machine pas trop loin, une nouvelle installation 'fluxus' peut modifier le téléchargement. Je nomme ce work in progress, philosophiquement "travailler avec l'existant". Attention je frise le 'land art' ;.)

Affaire à suivre...

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