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Blog Kiwaïda

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dimanche 14 février 2010

TIGRESSE 虎


Capture sur site sur mes dessins Incognitos

C'est le Nouvel An Chinois 农历新年 (nónglì xinnián) Au Vietnam on l'appelle aussi Fête du printemps  Selon le zodiac chinois, c'est l'année du Tigre 虎 (hǔ) : énergique, aventureux, indépendant, inventif, généreux, sans repos et impulsif. Waou ! Quelle année voici ! Un jour célébré  aujourd'hui avec la St Valentin, fête des amoureux dans nos pays occidentaux.

Si le rouge et l'or sont souvent des couleurs inaugurant cette nouvelle année chinoise, j'ai repensé à mon tigre bleu de la série des dessins  Incognitos.
Tout d'abord, je suis fascinée par la liberté des dessins, côté orient, côté asiatique. Ils m'inspirent et me donnent un souffle nouveau dont je me trouve en accord. La qualité des traits, l'originalité des sujets, tout cela me semble si simple. Même sur des supports de qualité moindre, sur des objets vendus à bas prix, le dessin lui est vraiment de qualité. Je pense aux porcelaines, dont les dessins sont de grâce. Et puis, le dessin, lorsque j'y fais allusion est aussi celui qui sert à fabriquer des cerfs volants, des déguisements de dragons, des signes, des motifs, le papier cadeau, l'enveloppe, l'origami, tous ces dessins sont toujours audacieux du côté oriental, de mon point de vue.

Le dessin, est pour moi, à dessein de, de l'ordre du projet, et il y a quelque chose en rapport avec le design. Une connaissance du support, mais aussi de la culture 'empreintée', celle qui révèle un nouveau dessin, original parce que lui-même "savant". Il sait ou il a été puiser, il connait ses sources et il les partage. Il sait qu'il est copie, recopié, offert au regard et qu'il enrichi ainsi l'oeil, la mémoire, le désir de faire et refaire, si ce n'est défaire pour mieux comprendre... Lisible, généreux même si énigmatique, le dessin est un signe, une marque, une frontière.

Curieusement, très tôt, j'ai eu accès à cette mythologie de formes par les azulejos, qui sont eux issus de l'azulejaria portugaise, des carreaux de céramiques, le plus souvent bleu (azul). Et comme beaucoup de ces céramiques retracent l'histoire des colonies, des voyages, il y a donc des métissages dans leurs figurations et abstractions. J'y ai été sensible en visitant Lisbonne et en filmant beaucoup de maisons, et en photographiant l'extérieur, en visitant Pombal, non loin des maisons de mes grands-parents. Par cet art, mon regard a cultivé de savants mélanges de pays étrangers.
Le tigre bleu présenté pour illustrer cet article, était parti d'un motif géométrique dont je lui ai donné une possibilité de répétition (par le "all over" ou le "wallpaper" du fond sur la page HTML du site) puis il s'est individualisé, porté par un tigre, lui-même d'inspiration tibétaine.

Le dessin est pour moi un accès à l'ouverture des cultures et à la compréhension des métissages. Je voyage par le dessin. J'ai, en revanche eu une formation en dessin dans les écoles parisiennes élitistes, souvent fermée. J'ai donc préféré me consacrer aux nouveaux médias, dans le cadre de ces formations, nouvelles, innovantes et ouvertes (années 90) tout en gardant ce que je considérais de libre dans le dessin, par ma culture des "entre-deux". Et j'y vois un rapprochement évident, entre Internet et cette culture ouverte, du dessin. Recopier, recadrer, déconstruire, reconstruire, le paysage infographique nous donne des possibilités rêvées. Sans informatique, nous le pouvions également, puisque je dessine "à la main" la plupart du temps. Mais nous n'avions pas accès à cette pluralité de dessins du monde, de signes, que nous avons avec Internet. Et pour mon travail, cela a considérablement décomplexé les sujets et les contextes. Dans un versant intellectuel, je n'ai plus besoin, de justifier mon activité artistique en fonction de ma nationalité française, c'est la liberté que j'ai prise très tôt, même si dans un versant administratif, on nous demande, de nos jours, de justifier l'héritage de notre nationalité française. Ma création artistique se trouve être mieux comprise par ceux et celles qui ont une culture ouverte, plus étendue. Je l'ai toujours pensé, même avant mon utilisation d'Internet dans les années 90, mais à présent c'est une évidence, à écrire.
Mes modèles sont bien ceux du présents, amis, avatars, masques, mais aussi proviennent d'Internet, de mes recherches assidues. Et donc, elles ravivent volontiers des archéologies, des formes traditionnelles. L'artisanat, dans le sens ou faire c'est penser, je le trouve sédimenter dans mon parcours une confiance dans ce que je fais. Cette confiance ne m'a jamais été donnée par le système de l'art. Le savoir faire, graphique par exemple, a été moteur dans ma formation, bien avant celle de l'étude des beaux-arts. Dans les années 80, il y avait une forme d'artisanat qui était enseignée dans les arts graphiques, car l'ordinateur n'était pas encore "pour tout le monde". J'ai gardé cette forme, cette pratique du dessin, même si je connais tant de logiciels informatiques, j'ai la maîtrise de ma pensée lorsque je fais, je réalise, je me ré-approprie les outils, les formats mis en place.
Dans le texte écrit pour les Incognitos, je parle de l'exécution d'un logotype par exemple à l'encre de Chine, sur carte à gratter. L'étude des signes et de leur sens, la pratique du dessin pour la publicité (assisté ou non par l'ordinateur, pour le multiple), le rôle de la matrice et de la reproduction par un tiers, ont été des enseignements riches, qui me font penser le dessin de façon plus libre et moins figée dans le sceau de l'oeuvre originale de l'artiste romantique (quoique la peinture d'un Hobo Clown revisite fraîchement cette image)

Je continue de me documenter dans les bibliothèques, mais aussi dans la grande consommation... Il n'y a rien d'impossible. Et cela, c'est un bonheur de l'enseigner.

Bonne année tigresse !
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 


dimanche 24 janvier 2010

VERA MOLNAR

 
Émission télévisée "Metropolis" pour la chaîne Arte 1996

Vera Molnar est une artiste née en 1924 à Budapest, elle vit à Paris et en Normandie (voir la publication du mini catalogue Digital Art de 2009) Son site Internet est une petite mine archéologique (dernière exposition au FRAC Lorraine)
Née en janvier il y a 86 ans cette pionnière de l’art par ordinateur, cofondatrice du GRAV (Groupe de recherche d’arts visuels) en 1960, utilise l'outil informatique depuis 1968. Marquée par l’esthétique fonctionnaliste du Bauhaus et par la rigueur du constructivisme, elle est très tôt intéressée par les possibilités de la machine. Proche de l'esthétique minimaliste par le recours à la bichromie et aux formes géométriques, ses formes sont organisées en série, jouant avec l'infinité des variations trouvées par des déplacements, entrecroisements de lignes, changement de couleur... Le travail de Vera Molnar échappe cependant aux classements des historiens. C'est dit et redit partout et partout, on ne trouve pas de référence à son oeuvre, et pourtant nous en avons bien besoin dans ces repères austères des arts numérisés. Très tôt, utilisant des programmes informatiques et des principes mathématiques, ses recherches visuelles sont très contemporaines. Je ne sais encore comment en 2010, nous en arrivons à ne pas avoir de transmission de son savoir par les universitaires qui empilent des listes de pionniers dans leurs bibliographies, interminables, le plus souvent recopiées les unes sur les autres. Je ne sais comment ni pourquoi, nous ne profitons pas + plus des savoirs de ces praticiens et de ces praticiennes dans le domaine des arts visuels, qui font partie pourtant de nos richesses 'vivantes'. Mais j'ai ma petite idée sur ce sujet sur la disparition des noms.
Alors, je ne suis pas historienne, mais abeille et voici des liens :
http://elles.centrepompidou.fr/blog/wp-content/uploads/bouclerouged100x100cma_360.jpg
J'imagine ce que serait une conversation entre François Morellet et elle ou entre elle et Sonia Delaunay, ces choses-là, nous n'y aurons jamais accès... Ni YouTube d'Internet, ni Metropolis de la télévision ne peut relater de ces esprits qui se sont rencontrés...
Sur son site Internet, il y a des textes et des entretiens qui nous renseignent un peu mieux sur les formations de collectifs et leurs séparations ou sur les écoles, de son point de vue, on peut lire sur le GRAV (elle parle au début de cette citation, de son conjoint chercheur François Molnar) :
"Tout ça ne s’est pas fait d’un seul coup, bien sûr. Il y a eu des hésitations, des reculs, des avancées. A l’époque du G.R.A.V. (Groupement de Recherche d’Art Visuel, créé en 1961), il était déjà perçu comme une éminence grise de la bande. C’est un peu d’ailleurs à cause de ça qu’on a assez vite divorcé du groupe, car les autres voulaient quand même faire une carrière artistique alors que François, lui, ne voulait faire que de la recherche. Pour eux, la « recherche » était simple : on fait trois esquisses, la quatrième, on l’exécute et on la vend ! C’est comme ça qu’on a très vite quitté le G.R.A.V. Mais ça avait été quand même une aventure amusante, avec un nombre impressionnant de Sud-Américains. C’était vivant, c’était jeune. Au fond, ils s’inscrivaient davantage dans la ligne du Groupe Zéro ou de Fluxus que dans une démarche scientifique à proprement parler." 
(Extrait d'«Une Hongroise à Paris, Entretien avec Véra Molnar», in Artistes hongrois en France, 1920-2000 PACA (Présence de l’Art Contemporain, Angers)

jeudi 1 octobre 2009

I N C O G N I T O

Capture du site Internet de dessins Incognitos (Sonia Marques)

Voici ma dernière création de diffusion, le tout nouveau site Internet de mes dessins principalement à l'encre de Chine noire et au même format, un 50X50 cm sur papier. Sur mon site Internet Nissologie, il y avait déjà une partie destinée à ces dessins, mais à présent la navigation ici est entièrement dédiée à ces créations. Ils sont numérisés et adaptés à l'écran comme s'ils étaient dessinés sur la page blanche. L'ensemble est plus minimal et plus clair. Le site Nissologie est une édition graphique volontairement saturée de couleur et très noire comme un bateau de pirate sur l'océan, une université unique. J'ai changé la page d'accueil afin de visualiser quelques uns des sites Internet réalisés. Je dois remercier ceux et celles qui m'ont donné cette envie de libérer les oiseaux de bonne augure à travers le monde, en accompagnant ce geste ;.)

"La sensualité de l’encre de Chine en fait une matière liquide qui brille et fixe les états fluides. J’ai l’impression pour certains dessins, qu’ils restent mouillés. Si le noir dessine des cheveux, des poils, ils apparaissent comme sortis de l’eau, de la mer, du bain de minuit si le lac est noir. Il devient ainsi chaud et enveloppant, par sa masse comme un épais manteau. J’utilise des pinceaux de différentes tailles, le plus souvent choisis pour leur finesse, car l’esprit passe par ces poils minutieusement attachés qui imbibent l’encre et la retiennent un peu, jusqu’à lâcher son poison plus ou moins suave, inattendu, espéré, guérisseur ou vengeur. Le contraste de cette matière visqueuse noire miroir avec le blanc mat du papier en fait des formes tranchantes, nettes et définitives. J’aime cet aspect franc et sans retour possible dont le recommencement permet un éternel renouvellement des formes, avec des recompositions trouvées aussi par la constante contrainte d’un format carré. J’ai aussi cette impression de faire un art martial (pour en avoir pratiqué) en dessinant les Incognitos. Ils tentent de trouver la voix la plus juste en représentant des forces contraires, des états de tension qui se calment par la réalisation manifeste, imposante d’une trace. Le dessin devient alors une évidence."

(Extrait du texte des Incognitos, débuté en 2007)

dimanche 8 février 2009

LA MÉTIS

Comment représenter la ruse par le dessin ?

En tapant « Nissologie représente la ruse par le dessin » dans Google-images, on tombe sur l'ensemble de mes dessins :



Ce sont les incognitos, documentés sur mon site (Nissologie / Sonia Marques).

Autocongratulation ? Non c'est le constat d'un oursin : Urchin, programme d'analyse de trafic de mon hébergeur, qui m'informe des meilleurs mots-clés. Quelqu'un, un anonyme, souhaitait, de toute évidence, trouver « comment représenter la ruse par le dessin », en tapant cette phrase sur un moteur de recherche et il est tombé sur Nissologie.

Le texte sur les incognitos décrivait déjà, comment ces dessins étaient pensés : Les dessins sont des ex votos, dessinés d'après le vœux, des coups de bluff, des tatouages, des signes chamaniques afin de conjurer la peur. Donc pas de grand hasard, juste une orientation conceptualisée par un programme informatique, car elle résume en une phrase, en une recherche  « comment représenter la ruse par le dessin »

La ruse fait aussi penser à La Métis, cette forme d’intelligence donnée par les Grecs, comme l’explique l’article de George Vignaux  ‘La ruse, intelligence pratique’, du mensuel Sciences humaines (Avril 2003) sur Les savoirs invisibles.

"C’est la ruse de l'opprimé contre une domination, la ruse du citoyen contre le pouvoir."

"Dans toute situation de conflit ou de compétition, la victoire peut s'obtenir de deux façons. Soit parce qu'on est le plus fort sur le terrain en question, soit par l'utilisation de procédés qui ont pour but de fausser l'épreuve et de faire triompher celui qu'on croyait battu."

"La mètis, c'est l'affût, l'homme qui épie pour frapper l'adversaire au moment le plus inattendu."



Extrait d'une capture d'écran, de la recherche obtenue dans Google-images, en tapant
« Nissologie représente la ruse par le dessin »